Tracadie pourrait boucler son budget 2020 sans déficit

La Municipalité régionale de Tracadie a réalisé un important revirement de situation devant les pertes financières liées à la COVID-19. Si rien ne vient bouleverser les choses d’ici à la fin de l’année, la Ville prévoit même réussir à boucler son budget 2020 sans déficit.

Cependant, le «si» est immense. Car l’appréhension face à l’arrivée d’une deuxième vague du coronavirus et ses effets sur l’ensemble des activités de la Ville, sans oublier l’arrivée précoce du prochain hiver, pourrait bien tout foutre en l’air d’ici à la préparation des estimés budgétaires de 2021, prévus pour la mi-novembre.

«Nous avons effectué un exercice administratif très pointu et très surveillé, a indiqué le maire Denis Losier, lors de la réunion du comité des finances de la MRT, mercredi. Si nous terminons 2020 sans déficit, ce sera assurément un tour de force, mais cela n’a pas été facile. Et nous espérons tous qu’il n’y aura pas de deuxième vague de la COVID-19.»

En mai, des pertes de plus de 153 000$ causées par deux mois de confinement sévère (en raison principalement de l’absence de revenus à l’aréna et à la piscine) laissait présager qu’elles allaient atteindre jusqu’à un demi-million $ à la fin de l’exercice de 2020.

La Ville s’est alors limitée dans les dépenses, en acceptant seulement les travaux essentiels et en remaniant son personnel dans plusieurs secteurs.

«Nous avions des craintes, affirme le maire. Il y avait la pandémie et la possibilité d’une forte hausse de nos primes d’assurance à la municipalité. Nous avons rencontré les gestionnaires de nos départements et nous avons travaillé à éviter le plus possible un éventuel déficit qui aurait provoqué une augmentation de la taxe foncière.»

Selon les données colligées au 31 août, la COVID-19 a coûté près de 200 000$ en équipements de protection de toutes sortes à la MRT, alors qu’elle avait évalué à 300 000$ les besoins supplémentaires en couverture d’assurance. Heureusement, l’Association francophone des municipalités du N.-B. a négocié ferme avec les assureurs pour éviter une trop forte hausse des primes, a laissé savoir M. Losier avec soulagement.

«Quand on parlait d’un déficit estimé à un demi-million $ en mai, nous nous sommes mis au travail pour économiser au maximum. Par exemple, nous avons réduit le temps supplémentaire et reporté à l’an prochain l’achat d’équipements qui n’étaient pas nécessaires ou urgent. Nous avons aussi des projets, d’une valeur de 7 millions $, en cours de réalisation et qui n’ont pas nécessité des dépassements de coûts. Nous n’avons pas fait d’extra ni de superflu. Oui, les volets sportifs et culturels en ont mangé un coup. Ce n’est pas facile pour nous et ce n’est pas facile pour eux», a-t-il expliqué.

Cette gestion très serrée guidera l’administration municipale jusqu’au prochain budget, car on a bien l’impression que cela ne sera pas plus simple en 2021. Cela voudra notamment dire que les groupes qui iront cogner à la porte du conseil municipal pour obtenir de l’aide devront présenter de solides arguments.

«Si nous aidons une entreprise et qu’on se retrouve ensuite en déficit, les contribuables vont en assurer la facture. La Ville n’est pas riche, nos citoyens non plus. Nous sommes prêts à écouter les demandes et on va chercher des solutions pour s’en sortir ensemble», assure le maire.

Tapage nocturne: formation d’une équipe stratégique

Une équipe stratégique sera bientôt formée pour tenter d’enrayer le tapage nocturne dans les rues de la Municipalité régionale de Tracadie.

La Ville et la GRC collaboreront à trouver des solutions visant à faire cesser le crissement de pneus, la vitesse excessive et le fort bruit en pleine nuit au centre-ville.

Cette équipe évaluera notamment diverses options, dont l’achat de caméras de surveillance installées à des endroits stratégiques, l’application des arrêtés municipaux par les agents de la GRC, la circulation de véhicules banalisés et une campagne de marketing auprès des citoyens.

La collaboration des témoins de ces incartades nocturnes qui dérangent sera d’ailleurs au coeur de cette stratégie.

«Nous avons des plaintes, mais les gens refusent de témoigner devant un juge par peur de représailles», a signalé le maire Denis Losier, qui est sorti satisfait de sa rencontre avec les autorités de la GRC cette semaine.

Une dizaine de points ont été mis sur la table lors de cette discussion et certains nécessiteraient un investissement qui n’a pas encore été déterminé.

«On veut que ça cesse, continue le maire. Notre nouvelle rue Principale est devenue une attraction pour ces conducteurs et ça dérange la quiétude de nos citoyens la nuit. C’est un exercice qui vient autant de la GRC que de la Ville et des citoyens.»

L’idée d’une police municipale n’est pas envisageable, selon le maire, car il en coûterait deux ou trois fois plus cher que présentement (environ 3 millions $ pour une couverture de plus de 500 km carrés).