Kedgwick mécontente de se retrouver dans la zone sanitaire 5

Incluse malgré elle dans la zone 5, la communauté rurale de Kedgwick demande au gouvernement provincial de revoir sa position et de la transférer dans la zone 4, ce qui lui permettrait par le fait même de retourner au niveau d’alerte sanitaire jaune.

Depuis quelques jours, la confusion règne dans cette communauté du Restigouche-Ouest. La situation n’est pas sans rappeler ce qui s’était produit lors de l’éclosion restigouchoise de mai/juin dernier où le statut de Kedgwick a pris un certain temps à être réglé.

Cette fois, après quelques hésitations, la réponse est venue relativement plus rapidement. Mais elle ne fait pas l’affaire de tous.

La mairesse de Kedgwick, Janice Savoie, ne comprend en effet pas la décision du gouvernement provincial d’inclure sa communauté dans la zone 5 (Campbellton) alors que son hôpital de référence – l’Hôtel-Dieu-Saint-Joseph de Saint-Quentin – se trouve dans la zone 4 (Edmundston).

«C’est à ne rien comprendre», fulmine la mairesse Savoie qui a passé le plus clair de la fin de semaine collée à son téléphone, tentant de comprendre comment il se fait que sa communauté se retrouve une fois de plus dans la mauvaise zone. Par le fait même, elle a tenté – sans succès jusqu’ici – de faire infirmer cette décision.

Mme Savoie a notamment effectué une demande afin de rencontrer la ministre de la Santé ainsi que l’hygiéniste en chef de la province afin qu’on lui explique les raisons qui ont poussé le gouvernement à trancher la ligne en plein centre du Restigouche-Ouest, séparant du coup Kedgwick et Saint-Quentin. Elle n’a toujours pas eu de réponse à cette requête.

Car ce classement n’est pas sans conséquence, notamment au chapitre des soins de santé. Selon la mairesse, des citoyens de Kedgwick ont vu leurs rendez-vous médicaux à l’hôpital de Saint-Quentin être annulés.

«L’hôpital de Saint-Quentin, c’est l’hôpital du Restigouche-Ouest, donc notre hôpital de référence, notre premier arrêt en cas de problème. Et à cause de ce changement de zone, nous sommes privés de soins. Pire, le gouvernement nous encourage à nous rendre à Campbellton en cas de problème, un lieu plus à risque actuellement puisqu’on y retrouve des cas de COVID-19», clame Mme Savoie.

Outre le secteur de soins de santé, cette différence de zone affecte toute l’économie de Kedgwick. Car avec la zone 5 vient également l’alerte sanitaire orange. Une partie de l’économie est donc également paralysée. Idem également pour le système scolaire alors que les élèves de cette communauté doivent suivre les règles de la phase orange (donc le port du masque obligatoire pratiquement en tout temps).

«C’est injuste, j’irais même jusqu’à dire un désastre sur le plan économique, mais aussi social. J’ai peur que des commerces déjà fragilisés – et qui ont investi beaucoup d’argent pour se mettre aux normes – soient carrément obligés de fermer leurs portes pour de bon. On ne peut pas se permettre ça», lance-t-elle.

Selon Mme Savoie, on ne dénombre aucun cas de la COVID-19 ni à Kedgwick ni à Saint-Quentin. La population des deux régions ayant des liens économiques et familiaux très étroits, elle estime que le gouvernement fait fausse route en séparant les deux communautés.

«Nous sommes deux communautés qui demeurent à 10 minutes à peine l’une de l’autre, mais nous sommes aussi isolés géographiquement du reste de la province. Je ne supporte pas l’idée de cette division et je sais que c’est un sentiment partagé par l’administration de Saint-Quentin. On est tellement près que l’on devrait avoir notre propre bulle», lance la mairesse pour reprendre une expression bien à la mode par les temps qui courent.