Des élèves mi’kmaq se sentent discriminés par une décision du Nouveau-Brunswick

Une communauté mi’kmaq du Québec se demande pourquoi ses élèves ne peuvent plus se rendre au Nouveau-Brunswick où se trouve leur école secondaire.

Environ 100 élèves de la Première Nation de Listuguj traversent un pont vers Campbellton, au Nouveau-Brunswick, chaque jour de la semaine pour assister à leurs cours à l’école secondaire Sugarloaf.

Mais tout a changé la semaine dernière lorsque les autorités sanitaires du Nouveau-Brunswick ont imposé de nouvelles restrictions de déplacement dans et autour de Campbellton à la suite d’une hausse des cas de COVID-19 dans la région. Mercredi, la région comptait plus de 35 cas actifs.

L’un de ces cas a été confirmé à Sugarloaf et l’école a fermé ses portes vendredi. Et tandis que les élèves du Nouveau-Brunswick devraient retourner à l’école jeudi, ceux de la Première Nation de Listuguj et de la région voisine de Pointe-à-la-Croix devront poursuivre leurs études à distance.

Le chef Darcy Gray dit avoir réagi à la nouvelle avec « choc et incrédulité ».

« Est-ce parce que nous sommes des Mi’kmaq, ou est-ce à cause d’une autre circonstance qui leur permet de nous écarter un peu plus facilement? », a-t-il demandé. « C’est la question que (les élèves) se posent et je pense que c’est la question que nous posons en tant que communauté. »

Selon M. Gray, depuis le début de la pandémie, aucune infection à la COVID-19 n’a été signalée dans sa communauté, située à l’extrémité sud de la péninsule gaspésienne.

S’il y a un problème de santé publique, les mesures devraient s’appliquer à tous les élèves de Sugarloaf, et pas seulement aux élèves mi’kmaq, a estimé M. Gray.

Le ministre de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, Dominic Cardy, a expliqué le week-end dernier que le gouvernement avait pris cette décision parce que le Québec et le Nouveau-Brunswick ont des protocoles de sécurité différents concernant la COVID-19.

Le chef Gray a indiqué que la communauté avait mis en place un centre d’apprentissage à Listuguj où les élèves de Sugarloaf peuvent se réunir et suivre leurs cours. Treize éducateurs de la Première Nation qui travaillent habituellement à l’école Sugarloaf sont maintenant présents au centre d’apprentissage de Listuguj.

Il a affirmé que cela avait exigé un important engagement, mais que jusqu’à présent, les élèves vont bien.

« C’est perturbant, les décisions qui peuvent être prises sous le couvert de la COVID », a dit M. Gray. « Je pense que nous devons être très, très conscients de la direction que prennent certaines choses et des droits qui sont mis en cause. »