Un cas de COVID-19 force une école de Dalhousie à passer à l’enseignement virtuel

Aux prises avec un cas de COVID-19 confirmé en ses murs et la moitié de son personnel en isolement préventif, l’école primaire Académie Notre-Dame de Dalhousie s’est résignée à activer son protocole d’enseignement à distance.

C’est à la maison qu’étudieront les quelque 170 élèves de l’établissement scolaire restigouchois à compter de jeudi.

La direction du District scolaire francophone Nord-Est confirme en effet que cette école vient de passer à l’enseignement virtuel en raison de la présence du virus.

Depuis le début de la semaine, l’équipe du district a mis les bouchées doubles afin d’être prête à enseigner à distance à ces élèves du primaire. Du matériel informatique a notamment été distribué afin de s’assurer que tous auront accès à la technologie.

«On a eu la chance de tester nos appareils et d’en distribuer de sorte qu’au cours des prochains jours, l’Académie Notre-Dame (AND) sera complètement fonctionnelle à distance avec 100% des élèves et tout le personnel», explique le directeur général du DSF-NE, Marc Pelletier.

Mercredi, la journée fut passablement bien chargée pour les enseignants. Ceux-ci se sont affairés à peaufiner les derniers détails, à faire des tests et à régler tous les pépins techniques avant le grand début branché jeudi matin.

Il s’agit d’un test majeur pour le district. Même si l’enseignement virtuel existe déjà au secondaire depuis le début de l’année scolaire, il en sera à ses premiers pas au niveau primaire. Déjà, on dit être beaucoup mieux rodée comparativement à ce qui fut proposé de mars à juin lors de la fermeture précipitée des écoles.

Selon M. Pelletier, ces premières classes virtuelles ne devraient être que de courte durée. Si la tendance se maintient et qu’il n’y a pas de nouveaux cas à l’école, on prévoit en effet un retour progressif des élèves en début de semaine prochaine, à commencer des plus jeunes (maternelle-1re année). Les dates de retour en classe demeurent toutefois à confirmer.

Pourquoi imposer l’école virtuelle uniquement à l’Académie alors que l’école secondaire voisine, AQV, rapporte également un cas positif à la COVID-19?

«L’AND est la première école où un élève a été identifié, la Santé publique a donc ratissé très large dans le traçage, que ce soit au niveau des élèves ou des membres du personnel (37 en tout) qui auraient pu être en contact avec le cas. Ce faisant, nous nous retrouvons avec beaucoup d’élèves de tous les niveaux en isolement préventif pour deux semaines, mais aussi 50% de notre personnel en isolement préventif. La décision est donc davantage opérationnelle que par crainte d’une propagation du virus», explique M. Pelletier, notant qu’il aurait été impossible de fonctionner dans ces conditions.

Ce dernier ajoute au passage qu’il n’y a aucun indice laissant présager que le cas positif de l’école AQV est entré en contact avec d’autres élèves ou membres du personnel, ce qui limite de beaucoup les risques.

Taux d’absentéisme élevé

En raison des éclosions en cours à l’Académie Notre-Dame et à l’école Aux quatre vents ainsi que certains établissements anglophones de la région, le taux d’absentéisme étudiant est demeuré particulièrement élevé dans toutes les écoles restigouchoises du DSF-NE depuis le début de la semaine, une tendance déjà observée vendredi dernier.

«L’impact est réel dans tous nos établissements de la zone 5, mais il diffère d’un à l’autre. C’est certain que pour l’instant, c’est plus prononcé dans le secteur de Dalhousie», indique M. Pelletier, précisant que les parents n’ont pas à avoir honte d’être inquiets et de garder leur progéniture à la maison.

«C’est tout à fait légitime. L’important c’est que nous soyons fonctionnels pour tous. Et on est relativement chanceux jusqu’ici, car la propagation du virus n’est pas majeure dans les établissements scolaires. On a beaucoup de gens en quarantaine, mais tout le monde est correct et en bonne santé jusqu’à présent», dit-il en se faisant rassurant.

Port du masque: élève et personnel coopèrent bien

Depuis le retour à l’école mardi, les élèves du Restigouche et de la région de Moncton – incluant ceux du primaire – doivent se conformer à une mesure pour le moins désagréable: le port du masque pratiquement en tout temps. Cela inclut la salle de classe, les déplacements dans les corridors, la cour de récré ainsi que les voyages en autobus. Du coup, les élèves se retrouvent masqués une grande partie de la journée.

«C’est certain que ce n’est pas une mesure plaisante à implanter. Mais bien que contraignante, elle demeure nécessaire afin d’éviter la propagation du virus et refléter la réalité de la région du Restigouche en ce moment. Cela dit, je dois dire que cela se déroule tout de même bien dans nos établissements. Je ne dis pas que les gens sont contents, loin de là, mais on semble s’être bien adapté à cette situation», explique M. Pelletier, qui dit ne pas avoir assisté à une grande levée de boucliers contre cette mesure que lui-même espère temporaire.

Interrogé sur la durée de cette mesure mercredi, l’hygiéniste en chef de la province, la Dre Jennifer Russell, a confirmé qu’aux mieux, le port du masque demeurera obligatoire dans les écoles des zones 1 et 5 jusqu’au vendredi 23 octobre, c’est-à-dire jusqu’à la fin de la première période d’observation de 14 suivant leur entrée dans la phase orange.

«On souhaite évaluer la situation au 14 jours, car c’est la période d’incubation du virus. À ce moment-ci, tout m’amène donc à penser que tant que ces zones resteront en phase orange, la directive du masque sera en vigueur également», dit-elle.

Outre le port obligatoire du masque, d’autres mesures – comme l’annulation des activités parascolaires – viennent ternir momentanément l’expérience scolaire pour bien des élèves. On parle entre autres des activités culturelles et sportives.

«Beaucoup d’élèves se raccrochent à la vie étudiante. C’est souvent ce qui les garde intéressés, motivés. Ces jeunes écopent donc pour la situation actuelle et c’est malheureux. On espère donc sincèrement que ce ne soit que temporaire, que la situation saura se résorber au cours des prochaines et que l’on puisse se sortir de cette zone orange le plus rapidement possible», indique M. Pelletier.

Le District scolaire Francophone-Sud apprend du DSF Nord-Est

La directrice du District scolaire francophone Sud, Monique Boudreau, affirme que son district se tient prêt en cas d’éclosion dans l’une de ses écoles et qu’elle en apprend de la manière dont le DSF Nord-Est gère ses éclosions.

Lors du début de l’éclosion dans la zone de Moncton la semaine dernière, Monique Boudreau pensait qu’il y aurait peut-être des éclosions dans les écoles de la région. Ça n’a pas été le cas.

Mais entre-temps, le district sud glane des connaissances du district Nord-Est sur la manière de gérer une éclosion dans une école, selon Mme Boudreau.

Le DSF Sud fait maintenant une collecte de données plus détaillée des contacts possibles dans les écoles. En cas d’éclosion, le district pourra fournir à la Santé publique des informations sur les élèves qui ont été dans une classe ou dans un autobus où il pourrait y avoir eu une transmission.

«On garde des registres de toutes les personnes qui ont été dans une salle de classe ou qui ont été dans une école. Il s’agit de corriger ces données-là pour les fournir à la Santé publique, parce que ça fait partie des données dont ils ont besoin pour les traçages.»

Pour l’instant, le DSF Sud peut respirer un peu puisque la COVID-19 n’a pas fait son apparition dans ses écoles. Le district doit par contre gérer le fait que certaines de ses écoles sont en phase orange et que d’autres ne le sont pas.

Les élèves doivent porter un masque plus souvent en zone orange.

«C’est incommodant, mais on se rend compte que les élèves sont beaucoup plus résilients et s’adaptent beaucoup plus rapidement que certains adultes. Mais en gros, ça se passe assez bien.»

Monique Boudreau affirme que les écoles du DSF-Sud n’ont pas constaté de vague d’absentéisme, mais qu’elles ont reçu plus de demandes de la part de parents qui désirent garder leurs enfants à la maison.

«On a un peu plus de demandes, surtout en lien avec l’anxiété. On essaie vraiment de gérer chacun des cas et de travailler avec les élèves et les familles. On insiste pour dire que nos écoles sont sécuritaires, et que le meilleur endroit à être est à l’école pour le mieux-être et la santé mentale [des élèves]», dit-elle.

  • Avec la collaboration du journaliste Alexandre Boudreau