Recyclage à Edmundston: la patrouille verte rapporte des dividendes

Les efforts déployés par la municipalité d’Edmundston pour réduire les matières non recyclables et les agents contaminants dans les bacs bleus ont porté leurs fruits. Depuis la tournée de la «patrouille verte», cet été, les rejets du centre de recyclage auraient diminué d’environ 16%.

Le Service des travaux publics de la Ville d’Edmundston a entrepris en août une tournée des quartiers de la municipalité avec sa patrouille verte afin de vérifier le contenu des bacs de recyclage.

Si la patrouille verte constatait par exemple que des restes de table, des sacs de plastique (avec ou sans déchets) ou des items souillés se retrouvaient dans les bacs bleus, une affichette était apposée sur le bac indiquant que le contenu ne peut être ramassé. Les propriétaires devront ensuite téléphoner au Service des travaux publics pour rectifier la situation.

À la suite de cette initiative, de moins en moins de déchets doivent être réacheminés au site d’enfouissement en raison de contamination et la situation au centre de tri des matières recyclables l’Atelier des Copains s’améliore enfin.

«Certains secteurs de la ville sont passés de 35 à 10% de rejets», a souligné Francis Bérubé, agent de développement pour la Coopération de Développement régional Acadie.

«D’autres n’ont fait aucun changement et la municipalité continue de se concentrer sur eux, mais en gros, on est passés de près de 36% de rejets à 24% pour l’ensemble de la ville.»

Depuis 2014, les résidents d’Edmundston sont tristement connus au centre de recyclage comme étant «de mauvais élèves».

Leurs bacs bleus, comparativement à ceux des régions avoisinantes, contiendraient jusqu’à 30% plus de matières non recyclables.

«Nous attribuons cette amélioration à la patrouille verte et à la sensibilisation qui a été faite lorsqu’elle était en action, mais aussi aux messages que nous avons diffusés à la radio et sur le web», a souligné M. Bérubé.

En fait, l’initiative de la municipalité ne visait pas à réprimander les délinquants, mais bien de conscientiser le public sur le contenu de leurs bacs bleus.

Marc Michaud, le directeur général de la Ville d’Edmundston, se dit aussi encouragé par les résultats.

Il note que la patrouille a elle-même constaté une amélioration importante en seulement quelques semaines.

«Par jour de collecte, on inspectait jusqu’à 350 contenants bleus. En moyenne, on pouvait en retirer de vingt à trente au tout début de l’initiative, mais, d’une semaine à l’autre, on remarquait une amélioration.»

M. Michaud explique que l’initiative a permis à la Ville de comprendre certaines tendances.

«Ça nous a permis de déterminer les secteurs problématiques et maintenant nous pouvons continuer notre travail en ciblant certains quartiers, rues et même propriétés», a-t-il avancé.

Si l’initiative a dû prendre fin lors du retour en classe, l’opérateur des camions qui ramassent les bacs de recyclage prend aujourd’hui le relais.

C’est maintenant leur tour de vérifier si les contenants bleus dégagent une forte odeur ou semblent contenir des agents contaminants.

En cas de doute, les employés refusent de vider les bacs et posent des affiches qui rappellent aux propriétaires de bien trier leurs déchets.

La Ville d’Edmundston n’envisage toujours pas à mettre les délinquants à l’amende.

«Puisqu’on a eu une interruption de services pendant deux ans, on pense qu’il y a encore beaucoup d’efforts à déployer au niveau de la conscientisation, la sensibilisation et l’éducation. On veut que les gens réagissent positivement», a précisé le directeur général.

À l’Atelier des Copains, on refuserait aujourd’hui un camion sur quatre (comparativement à un camion sur trois) en raison des agents contaminants qui s’y trouvent.

Si les statistiques s’améliorent, M. Bérubé rappelle qu’il y a encore place à amélioration.