COVID-19: l’éclosion du Restigouche plus complexe que celle du Sud-Est

La gestion de l’éclosion du Restigouche sera plus longue et plus compliquée que celle du Sud-Est, selon la médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick.

En entrevue téléphonique avec l’Acadie Nouvelle, vendredi, la Dre Jennifer Russell a fait le point sur la situation dans ces deux régions aux prises avec des éclosions depuis quelques jours.

Selon elle, le travail des équipes de la Santé publique va bon train dans la zone 1, qui couvre le Grand Moncton et la plupart des communautés du Sud-Est.

«Je crois que tout le traçage des contacts a été fait et les cas qu’on voit sont liés à l’éclosion. Dans la plupart des cas, les nouveaux cas étaient des gens que l’on savait à risque parce qu’ils avaient eu des contacts étroits (avec une personne ayant contracté le virus) et qui étaient déjà en isolement.»

L’éclosion en question s’est déclarée dans un foyer de soins spéciaux de Moncton, le Manoir Notre-Dame, plus tôt ce mois-ci.

Plusieurs résidents ont contracté la COVID-19, ainsi que des employés et des proches. Des foyers potentiels d’exposition ont aussi été rapportés dans des restaurants et dans la lunetterie d’un magasin à grande surface.

Aucun nouveau cas confirmé n’a été rapporté dans la zone 1 depuis mercredi. Il y avait 41 cas actifs dans la région, vendredi.

La Dre Jennifer Russell affirme que la situation est différente dans le Restigouche, qui a lui aussi vu le nombre de nouveaux cas monter en flèche récemment.

«Pour la région 5, gérer la situation prend un peu plus de temps. Ils (le personnel de la Santé publique) font le travail, ils font beaucoup de traçage des contacts étroits. Mais je crois que c’est quelque chose qui va être un peu plus compliqué à gérer à ce moment-ci.»

Rappelons qu’un foyer de soins spéciaux et des écoles ont été touchés par la COVID-19 ces derniers jours dans le Restigouche.

Des dizaines d’employés du Réseau de santé Vitalité de cette région ont été mis en isolement parce qu’ils ont contracté le virus ou parce qu’ils ont eu des contacts étroits avec des gens qui étaient porteurs.

Comme le rapportait l’Acadie Nouvelle vendredi, un pompier de la caserne de Campbellton a aussi contracté la COVID-19. Presque tous les membres de la brigade sont en isolement préventif.

Sud-Est et Restigouche: phase jaune possible dans une semaine… en théorie

Il y a maintenant une semaine que les zones 1 et 5 sont de retour dans la phase orange de déconfinement. Cela signifie de nombreuses restrictions supplémentaires et des fermetures temporaires d’entreprises.

Dans les communautés affectées, à peu près tout le monde se demande quand ces zones seront de retour en phase jaune. Dans le meilleur des mondes, combien de jours durera cette fameuse régression?

Nous avons posé la question à la Dre Jennifer Russell, vendredi en entrevue téléphonique.

«Au début de la pandémie, on disait que c’était deux périodes d’incubation, donc 28 jours. Si l’on voit que l’on gère la situation comme il le faut, que l’on n’a vraiment pas d’inquiétudes pour le risque que les éclosions se poursuivent et qu’il y ait de la transmission communautaire, je crois que le nombre minimum de jours serait de 14 après le début de la phase orange.»

Le retour à la phase orange s’est effectué dans la nuit du 9 au 10 octobre. Cela veut dire – du moins théorie – que les zones 1 et 5 pourraient revenir en phase jaune dans sept jours si tout se déroule comme sur des roulettes.

«Je ne veux pas faire de promesses»

La médecin-hygiéniste en chef met cependant en garde la population et l’auteur de ces lignes; ne mettez pas la charrue devant les boeufs. Quatorze jours de régression en phase orange, c’est le strict minimum lors d’une éclosion.

«Ça, ce serait le plus petit nombre de jours possible pour s’assurer que c’est géré comme il le faut. Ça peut prendre plus longtemps. Alors je ne veux pas faire de promesses, je ne veux pas vraiment dire que oui ou non ça va arriver.»

Les choses pourraient changer rapidement et pousser le gouvernement à prolonger le retour des zones 1 et 5 en phase orange, fait remarquer la Dre Russell

«On a 12 000 personnes qui entrent dans cette province chaque jour. On a une population de 750 000 personnes. Il demeure un risque que la COVID-19 entre dans notre province à tout moment.»

Elle rappelle que de nombreux nouveaux cas sont rapportés tous les jours en Ontario, au Québec et dans l’État américain du Maine. Les Néo-Brunswickois ne doivent absolument pas penser qu’ils sont à l’abri de nouvelles éclosions.

«On peut gérer ces éclosions-ci et on peut ensuite en avoir d’autres, soit dans le même endroit ou dans d’autres endroits. Nous, on veut vraiment que la population soit vigilante et fasse sa part.»