Des installations de pêche incendiées; un possible suspect blessé

Un homme lutte pour sa vie après avoir subi des blessures apparemment liées à l’incendie ayant détruit des installations de pêche au homard à Pubnico-Ouest, rapporte la Gendarmerie royale du Canada en Nouvelle-Écosse.

Le détachement de la GRC à Yarmouth et le service d’incendie de Pubnico-Ouest ont été alertés vers minuit, dans la nuit de vendredi à samedi. Le sergent Andrew Joyce rapporte que le bâtiment était inoccupé lorsqu’il a pris feu, mais un homme aurait été hospitalisé à Halifax en lien avec ce brasier.

Il s’agit d’une personne d’intérêt en lien avec l’enquête sur cet incendie, que les policiers considèrent comme suspect.

Ce désastre survient sur fond de tensions croissantes entourant une pêche autochtone « autoréglementée » dans la province.

Le chef Mike Sack, de la première nation Sipekne’katik, a déclaré que l’incendie survenu dans la nuit de vendredi à samedi « illustre encore davantage la nécessité d’une plus grande présence policière dans la région ».

Les installations incendiées appartiennent « à un ami et allié » a-t-il souligné, en rappelant qu’un membre de la communauté mi’kmaq a vu ses prises détruites à ce même endroit la semaine dernière.

Le chef du service d’incendie du district d’Eel Brook, Jonathan LeBlanc, affirme que les pompiers ont été alertés vers minuit au sujet d’un brasier qui a pris naissance dans une grande structure commerciale de Pubnico-Ouest.

Le bâtiment est maintenant « une cause perdue » et tout l’intérieur a été détruit, rapporte-t-il, mais les pompiers ont réussi à protéger les bâtiments adjacents.

Il est selon lui trop tôt pour en déterminer la cause, mais le bureau du commissaire des incendies fait enquête.

« J’appelle encore une fois le premier ministre (Justin) Trudeau et la GRC à consacrer les ressources nécessaires pour protéger tout le monde dans cette région », a déclaré le chef Mike Sack dans un communiqué transmis samedi matin.

« Je suis extrêmement inquiet que quelqu’un va être blessé ou pire. »

L’incident fait suite à de récents affrontements violents et à des dommages infligés à d’autres installations de pêche au homard dans le cadre d’un litige de longue date.

Les protestataires non autochtones s’opposent cette fois à la décision des Mi’kmaq de lancer une pêche commerciale au homard « autoréglementée » en septembre dernier – avant la saison prévue par la réglementation fédérale, vers la fin de novembre.

Ces derniers soutiennent toutefois que les peuples autochtones du Canada atlantique et du Québec ont le droit de pêcher où et quand ils le souhaitent, conformément à un arrêt de la Cour suprême du Canada de 1999, qui se base sur des traités signés par la Couronne au 18e siècle.

Mais de nombreux détracteurs non autochtones citent une clarification publiée quatre mois après l’arrêt de 1999 selon laquelle les droits issus de ces traités sont tout de même assujettis aux règles fédérales, afin d’assurer la conservation de la ressource, en consultation avec les Autochtones.

Sur Twitter, samedi, le chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, a déclaré que son bureau avait contacté la Gendarmerie royale du Canada et le gouvernement fédéral pour exprimer leur « profonde préoccupation ».

« J’exige une enquête exhaustive et approfondie de la part des autorités compétentes », a-t-il écrit.