Moins d’élèves, mais plus de voitures: danger dans les zones scolaires

Un élève sur cinq du niveau primaire ne se rend plus régulièrement en classe et pourtant, la congestion routière en zone scolaire demeure un enjeu préoccupant. Selon un récent sondage, 42  des parents en région Atlantique se disent inquiets du volume de voitures aux abords des écoles et 30% craignent les conducteurs qui accélèrent ou ne respectent pas les panneaux de signalisation.

Le nombre d’enfants qui se rendent à l’école en voiture a augmenté de 21% cet automne tandis que le nombre d’enfants qui prennent l’autobus scolaire a diminué de 11%.

Si les classes sont plus vides qu’à l’habitude, les stationnements et les routes adjacentes aux écoles demeurent tout autant, voire encore plus congestionnées.

La situation ne devrait qu’empirer avec l’arrivée du temps froid.

Le sondage réalisé par l’organisme Parachute et Aviva Canada révèle qu’un peu plus de quatre parents sur dix (41%) estiment que la zone scolaire de leurs enfants est devenue plus dangereuse depuis la rentrée.

Ces derniers identifient un besoin pour une meilleure surveillance, plus de programmes aller-retour actifs et des points de débarquement éloignés d’un ou deux blocs de l’école.

Augmentation des comportements à risque

Non seulement les conducteurs sont plus nombreux aux alentours des zones scolaires, ils seraient aussi moins patients.

«Les parents ont observé une augmentation des comportements à risque», a témoigné Sandra Padovani, la porte-parole de Parachute, l’organisme de bienfaisance national dédié à la prévention des blessures.

«Outre les embouteillages, ils ont dénoté des excès de vitesse, le non-respect des panneaux et des manoeuvres de reculs dangereuses. On ne peut que supposer qu’en ces temps difficiles, les conducteurs sont plus stressés (…)»

À l’échelle nationale, le sondage démontre que les parents sont deux fois plus susceptibles de s’inquiéter de la sécurité routière que des protocoles de distanciation sociale mis en place.

Même avec des mesures de sécurité supplémentaires, 41% ont répondu qu’ils ne permettraient pas à leurs enfants de se rendre à l’école à pied ou en vélo.

Les bienfaits du transport actif

Même si les statistiques peuvent faire peur, les Canadiens ne devraient pas faire croix sur le transport actif (vélo, marche) pour autant, selon Mme Padovani.

«On encourage le transport actif parce que ça décongestionne les zones scolaires. Aux parents qui sont d’accord de faire marcher leurs enfants à l’école, on pourrait leur conseiller de discuter avec leurs enfants et de s’assurer de leur expliquer tout simplement les choses pour qu’ils comprennent et se sentent rassurer.»

L’organisme Parachute fait aussi la promotion du transport actif dont la marche, le vélo, le patin à roues alignées, la planche à roulettes et le jogging qui constituent, selon lui, un bon moyen pour respecter les lignes directrices du gouvernement en matière d’activités physiques (60 minutes d’activité physique moyenne à élever par jour).

Si seulement 25 % des jeunes canadiens de 5 à 17 ans utilisent aujourd’hui ces types de transport, Mme Padovani ne perd pas espoir que le transport actif puisse prendre de l’ampleur, d’autant plus maintenant que les autobus scolaires ne sont plus aussi accessibles qu’avant la pandémie.

Elle et son équipe continue, en collaboration avec Aviva Canada, de militer pour de meilleures conditions routières par le biais du programme Sécurité Routière Primaire.