Edmundston s’adapte aux changements climatiques

La Ville d’Edmundston a adopté son premier plan d’adaptation aux changements climatiques, qui consiste à évaluer les vulnérabilités de la région, prévoir les impacts et identifier les priorités pour s’adapter aux nouvelles réalités.

Afin de se diriger vers une économie à faible émission de carbone, la province exige que les municipalités qui font des demandes de financement pour des projets d’infrastructure planchent sur un plan d’adaptation.

Dans le cadre de cet exercice, Edmundston a dévoilé 31 recommandations, dont 19 sont prioritaires, lors d’une réunion du conseil de ville.

Marc Michaud, le directeur général de la Ville, explique que ces recommandations visent notamment à mettre à jour le Plan de mesures d’urgence, considérer de nouvelles sources d’électricité, planifier un exercice en prévision d’une tempête de glace, veiller à l’éducation et le dialogue avec les citoyens et repenser la gestion des eaux de tempêtes.

Il espère que ce processus suscitera les conversations sur le sujet et aidera les citoyens à se sentir encore plus en sécurité.

«De façon formelle, ça fait environ un an qu’on travaille sur ce plan, mais de façon informelle, ça fait une vingtaine d’années. Ça ne change pas beaucoup ce qu’on faisait déjà, c’est-à-dire réviser notre gestion de risque et adapter nos infrastructures aux changements climatiques», a-t-il précisé.

Bien que la Ville avait déjà pris une longueur d’avance, le plan servira tout de même de cadre pour les projets à venir.

Il permet aussi aux citoyens de constater noir sur blanc les impacts potentiels des émissions de gaz à effet de serre sur le climat.

En lisant le résumé, on apprend par exemple que la région d’Edmundston pourrait connaître une augmentation de 5 ou 6 degrés Celsius d’ici 2080 si aucune amélioration n’a lieu.
Comme les tempêtes de verglas et les pannes électriques durant hiver, les précipitations soudaines et les sécheresses deviendraient alors beaucoup plus fréquentes au printemps et à l’été.

«Je dirais que ce qu’on a vécu au cours des dernières années, c’est comme une pratique, a repris le directeur général. La sécheresse et les niveaux bas de nos puits cet été nous mettent la puce à l’oreille sur des événements qu’on pourrait vivre plus fréquemment.»

La bonne nouvelle, comme l’exercice le démontre, c’est que la région aurait le pouvoir de mitiger les conséquences en prenant de bonnes actions.

Les données démontrent que les périodes de gel et de dégel pourraient se limiter à une augmentation à 25 au lieu de 32 d’ici 2028.

Les précipitations annuelles pourraient aussi augmenter de 50 mm au lieu de presque 100 mm.

M. Michaud explique que la prochaine étape dans le processus s’agit de présenter au conseil municipal des plans d’action pour chacune des 31 recommandations afin de s’assurer qu’elles se concrétisent.

Le plan d’adaptation a été coordonné par la Commission des services régionaux nord-ouest, en collaboration avec la Ville d’Edmundston et la firme Aster. Il devrait être révisé aux quatre ans.