Une visite de la Dre Jennifer Russell qui «a fait du bien» dans le Restigouche

La médecin-hygiéniste en chef de la province, la Dre Jennifer Russell, est venue apporter son soutien aux citoyens du Restigouche, vendredi, dans le cadre d’une visite éclair. Lors de celle-ci, elle a également pris soin de clarifier quelques-unes de ses mesures sanitaires pour cette zone toujours en phase orange.

Mme Russell s’est déplacée en personne afin d’aider à la supervision des opérations dans la zone 5, aux prises avec une éclosion de la COVID-19, sa deuxième depuis le début de la pandémie.

Il y a actuellement 75 cas actifs dans la province, une cinquantaine dans la zone 5 (Campbellton), une vingtaine d’entre eux dans la zone 1 (Moncton) qui, elle, est retournée au niveau d’alerte jaune vendredi. Pour la zone 5, où l’éclosion n’est pas terminée, la phase orange a fait place à un orange plus foncé.

«C’est très important que les gens ici aient l’information la plus précise et la plus claire possible, que tout le monde comprenne bien à quel point la situation actuelle est sérieuse. Car l’objectif est d’arrêter cette éclosion au plus vite», a-t-elle indiqué en entrevue à l’Acadie Nouvelle.

En rencontrant les maires, celle-ci désirait faire le point sur la situation dans ce secteur, mais aussi leur partager les informations sur les consignes à suivre afin qu’ils puissent, à leur tour, les transmettre adéquatement à leurs citoyens.

Cette visite a été appréciée des maires restigouchois qui, depuis le début de cette deuxième éclosion, ont admis se sentir bien seuls, voire même pointés du doigt.

«Au départ, ce devait être une rencontre via web-conférence, mais on a été avisé que Dre Russell viendrait en personne, ce qui fut une agréable surprise. Et cette rencontre a fait du bien, on a senti qu’on faisait partie de la même équipe, que nous avions le même objectif», exprime le président de la Commission de services régionaux du Restigouche Brad Mann.

Son de cloche similaire de la part du président du Forum des maires du Restigouche et maire de Balmoral, Charles Bernard.

«La situation a été très frustrante depuis le début de l’éclosion, autant pour nous qui la vivons que pour la Dre Russell qui tente de limiter la propagation du virus. Mais on lui a rappelé de garder son message le plus positif possible, car nous aussi on veut mettre un terme à cette éclosion», dit-il, invitant ses propres citoyens à être plus disciplinés que jamais.

Bulle et tests

La médecin-hygiéniste en chef a profité de son passage dans le Restigouche pour clarifier deux points importants qui ont fait l’objet de plusieurs débats sur les médias sociaux depuis leur annonce la veille (jeudi) lors du point de presse sur la COVID-19.

C’est le cas pour les séances de dépistage volontaire prévues ce week-end à Campbellton (Centre civique, samedi) et Dalhousie (Palais des glaces, dimanche).

Contrairement à ce que certains ont pu sous-entendre, elle a précisé que les gens qui se feront dépister n’auront pas besoin de s’isoler jusqu’à la réception de leur test. Ce faisant, elle espère une bonne participation de la population restigouchoise à cet exercice. Son objectif: entre 1000 et 1500 dépistages pour chacune des journées.

L’autre élément de confusion touche la fameuse bulle permise. La Dre Russell a admis que le message lancé jeudi manquait de clarté. Ainsi, la bulle se limite à la cellule familiale vivant sous un même toit et non pas à l’ensemble de la famille proche ou encore un autre ménage (amis). La porte est toutefois ouverte pour visiter les membres de familles ou proches aux prises avec des difficultés particulières.

«On ne demande pas aux gens de ne pas aller aider un proche parent qui vit une situation difficile ou qui demeure seul. On veut vraiment éviter de créer davantage de problèmes et d’isolement pour ces personnes. L’idée est de ne pas visiter toute sa parenté, d’avoir le moins de contacts étroits que possible en dehors de sa propre cellule familiale», estime la médecin-hygiéniste en chef.

Selon elle, jusqu’ici, les enquêtes ont révélé que les personnes infectées dans la zone 5 avaient en moyenne de 10 à 15 contacts étroits chacun, ce qui est beaucoup trop dans les circonstances.

«Ça fait beaucoup de gens en isolement. Ça touche les entreprises, les écoles, les hôpitaux. La seule manière d’arrêter la propagation, c’est d’arrêter de se rassembler», martèle-t-elle.

À titre d’exemple, en date de vendredi, une quinzaine d’employés du Réseau de santé Vitalité était toujours en isolement préventif, ce qui constitue tout de même un progrès puisqu’on en dénombrait 25 la semaine précédente.

Sous surveillance

Outre les rassemblements, la Dre Russell a insisté sur le fait que les employés de commerces, d’entreprise et autres devaient également redoubler de vigilance afin de ne pas se contaminer les uns les autres.

«Si tout le monde peut faire attention et suivre les directives au cours des quatorze prochains jours, on a de meilleures chances d’arrêter cette éclosion», souligne-t-elle.

Elle ne veut toutefois pas s’avancer sur un éventuel retour hâtif en phase jaune advenant une baisse significative du nombre de cas positifs au virus.

«C’est difficile de prédire. Actuellement, tous nos efforts sont mis à contenir l’éclosion et on ignore les effets des derniers jours. Ma principale préoccupation en ce moment n’est pas tant un retour rapide de la zone 5 en phase jaune, mais bien d’éviter qu’elle tombe en rouge. Si ça va bien au cours des sept à quatorze prochains jours, les choses pourraient évoluer rapidement aussi», indique-t-elle.

À noter par ailleurs que plusieurs agents de la Sécurité publique de la province ont été déployés sur le territoire afin de s’assurer du respect des consignes sanitaires, notamment l’interdiction d’attroupement ainsi que le port du masque (à l’extérieur ainsi que dans les commerces et entreprises). Ceux-ci devraient demeurer sur place encore quelques jours.