4200 km de vélo à 75 ans!

Si la Véloroute de la Péninsule acadienne se cherche une ambassadrice, Raymonde Paulin est la personne toute désignée!

Avec plus de 4200 kilomètres au compteur de son vélo, la charmante Lamèquoise a «usé de l’asphalte», comme on dit, cet été.

Et ce n’est pas terminé! Si le temps le permet, elle atteindra peut-être 5000 km avant la neige!

Tout ça à 75 ans, bientôt 76.

«Mon fils me dit que je suis un phénomène. Pourtant, je ne me trouve pas extraordinaire… mais c’est vrai que je ne rencontre pas beaucoup de gens de mon âge», rigole-t-elle au bout de la table de la cuisine.

Depuis mai, Raymonde a franchi une distance équivalente à un voyage jusqu’à la frontière de la Colombie-Britannique. Cinq à six jours par semaine, ses sorties dépassent régulièrement 40 km.

Que ce soit vers Tracadie, vers Caraquet ou encore vers Miscou, elle adore faire du vélo. «Pas un vélo électrique», précise-t-elle avec le sourire.

«Pas besoin d’un vélo électrique!, enchaîne-t-elle avec gaieté. Qu’est-ce que je ferais avec ça?»

Ça fait 25 ans que la Lamèquoise pédale sur deux roues. Au début, l’infirmière de profession y allait d’un «petit» 10 km. Puis, avec le temps et l’entraînement vient la forme. Les 10 km sont passés à 20, puis à 30 et à 40. Elle a même parcouru 100 kilomètres à quelques reprises.

Pour ses 65 ans, elle et deux autres de ses amies se sont payé un petit voyage de vélo en Hollande, à travers les tulipes en fleurs et les moulins à vent. À coup de 65 km par jour pendant deux semaines, s’il vous plaît.

Raymonde Paulin est en train d’user son quatrième vélo, un cadeau de son fils. – Acadie Nouvelle: Réal Fradette

À 70 ans, Raymonde a franchi la barre du 5000 km pendant l’été. Elle est en train d’user à la corde son quatrième vélo.

«Mon fils m’a offert un super vélo à Noël, il y a quatre ans. Il est très léger. Il l’a même fait ajuster pour moi. C’est ma Cadillac. Je peux facilement le placer sur le porte-vélos de la voiture. Je change les pneus aux deux ans tellement ils sont usés», raconte-t-elle.

Elle part vers 9h, emprunte la piste cyclable et se promène partout dans la Péninsule acadienne. Seule. Dans sa bulle. Elle savoure une liberté totale, en admirant le paysage et en profitant pleinement d’infrastructures exceptionnelles.

«J’aime beaucoup les activités extérieures et individuelles, confie Raymonde Paulin, d’une bonne humeur contagieuse. Je n’aime pas aller au gymnase, ni faire de la piscine. Je n’aime pas la compétition non plus. L’été, c’est le vélo. Il faut qu’il vente en mausus pour m’empêcher de rouler! L’hiver, c’est une heure et demie de marche et près de 30 km de ski de fond quand il fait beau. Je cire mes skis et je m’élance sur les pistes. C’est ma routine. J’ai skié plus de 1000 km au club Aca-Ski l’hiver dernier. On a tellement de belles installations. J’y vais à mon rythme.»

Elle est en pleine forme, c’est certain. Pas de maladie, pas de médicaments, ajoute-t-elle fièrement. Même les «petits» accidents sont pris avec un grain de sel.

L’été 2019. Une sortie comme tant d’autres en juillet. Concentrée sur la route. Dans sa bulle. Tellement qu’elle ne se méfie pas de quelques poubelles le long de la route. Il y en avait une en retrait…

Le choc a été solide. La chute aussi. Deux fractures du bassin, un coude cassé, une omoplate et une côte abîmés aussi. Heureusement, elle portait son casque.

«Des os, ça se guérit. Six semaines. Si c’était le cancer, ç’aurait été bien pire! J’ai pu recommencer à faire du vélo en octobre», raconte-t-elle comme si c’était une simple écorchure.

Tant qu’elle le pourra, Raymonde Paulin enfourchera son vélo et parcourra les sentiers cyclistes de la région en été. Ou ses skis de fond en hiver. Car elle sait que si elle demeure active, elle gardera bien loin d’elle la maladie.

«Je suis accro au vélo, je suis accro au ski de fond. Ce n’est pas sorcier!»

Raymonde Paulin est en train d’user son quatrième vélo, un cadeau de son fils. – Acadie Nouvelle: Réal Fradette