Infrastructures scolaires: mécontentement chez les francophones de Saint-Jean

Le dépôt récent par la vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick d’un rapport condamnant des dépenses d’immobilisations scolaires qui ne sont pas toujours fondées sur des données probantes suscite un vent de mécontentement à Saint-Jean.

Le milieu de l’éducation francophone dans la région portuaire déplore en fait la décision du ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance de ne pas tenir compte de l’avis du District scolaire francophone Sud (DSFS) qui a fait de la construction d’une nouvelle école pour les élèves de la sixième à la huitième année à Saint-Jean sa priorité.

La plus récente liste des priorités du ministère en matière d’infrastructures scolaires relègue toutefois le projet de construction d’une école francophone à Saint-Jean au huitième rang des projets soumis par le DSFS, loin derrière d’autres projets soumis par les différents districts scolaires de la province.

«On vit une grande déception à la suite de la publication de la liste des priorités publiée par le gouvernement. Les recommandations du district ont été mises de côté, même si elles proviennent de consultations menées entre autres avec des parents et des chercheurs», déplore Jennifer Labrie, qui est membre du comité de parents du Centre scolaire Samuel-de-Champlain.

«Il y a une surpopulation étudiante francophone dans la région de Saint-Jean, les espaces étudiants manquent cruellement», a souligné la mère de famille.

Cette dernière a peu d’espoir de voir la construction d’une nouvelle école qui serait située idéalement à proximité du Centre scolaire Samuel-de-Champlain se réaliser dans un avenir rapproché.

«Le projet se situe actuellement au 35e rang des priorités du gouvernement… J’ai l’impression que les fonds disponibles auront déjà été utilisés une fois rendus à nous», craint Jennifer Labrie.

«On veut le pourquoi de toutes ces incohérences et des modifications apportées dans le classement des priorités par le ministère de l’Éducation. À Saint-Jean, les besoins sont plus aigus en raison de la croissance de la population francophone.»

Ce manque d’espace dans les établissements scolaires se fait également sentir dans les communautés francophones de Fredericton et de Miramichi.

Dans la capitale provinciale, le projet de construction d’une école (6e à 8e année) figure à la troisième position des priorités du DSFS, suivi par le projet d’ajouts au Carrefour Beausoleil de Miramichi.

Face à ces situations qui touchent différentes communautés francophones en milieu minoritaire à travers la province, la Fédération des conseils d’éducation du Nouveau-Brunswick a exhorté la semaine dernière le gouvernement à avoir un processus décisionnel impartial et non politisé et d’établir les priorités provinciales selon des données établies.