Transport communautaire: un service essentiel malgré la phase d’alerte

Depuis le début de la pandémie, deux éclosions ont bouleversé le quotidien de la population du Restigouche. Encore aujourd’hui, c’est la seule zone à traîner dans la phase orange.

Cela n’est pas sans avoir un impact sur la livraison de certains services destinés aux plus vulnérables qui vivent déjà une certaine précarité.

Lorsque la pandémie s’est pointée en mars, le Réseau d’inclusion communautaire du Restigouche (RICR) a immédiatement cessé son service de transport communautaire.

«C’était l’inconnu. Les utilisateurs avaient peur. Nos bénévoles – des personnes plus âgées – avaient peur également. Pour protéger tout le monde, on a arrêté le service», explique Jessica Maltais, coordonnatrice du réseau. Plusieurs de ses bénévoles ont 60 et 70 ans… Un a même plus de 80 ans.

Mme Maltais avoue que la décision lui a brisé le cœur, comme elle contribuait à isoler une partie de la population qui comptait beaucoup sur ce transport communautaire: les personnes âgées, les gens plus pauvres et sans automobile.

Avec le temps, ce service – qui comprend la livraison de l’épicerie et des prescriptions, ou le transport vers rendez-vous médicaux – est devenu indispensable pour plusieurs d’entre eux.

Le service a fini par reprendre, mais rapidement le Restigouche est replongé en phase orange.

«Tout le monde s’est rendu compte qu’en faisant attention, en respectant les consignes, on pouvait fonctionner», dit Mme Maltais.

Pour le second retour en phase orange, le RICR – fier de son expertise – n’a pas interrompu son service.

Dans la crainte d’un éventuel passage au rouge, l’organisation a mis sur pied un système axé sur la livraison seule, afin de garantir les services essentiels comme la nourriture et les médicaments.

«On va continuer de faire la livraison et aussi d’offrir le service de transport pour les rendez-vous médicaux urgents, peu importe la phase, dans la mesure où nous aurons des bénévoles pour appuyer le service. Il y a des gens qui comptent sur nous», souligne Mme Maltais.

Des petits-déjeuners à l’école

La coordonnatrice du RICR se penche depuis quelque temps sur la place d’un système régional de petits-déjeuners pour les écoles du Restigouche.

«La pauvreté infantile est très présente au Restigouche. Avec les pertes d’emplois ou les plus faibles entrées d’argent, la pandémie a poussé plusieurs personnes vers un premier épisode de pauvreté. Cela, malheureusement, a aussi des impacts sur les enfants», se désole-t-elle.

Mme Maltais souhaite la création d’une fondation destinée à gérer et financer le programme de petits-déjeuners dans les écoles.

«Des gens travaillent chacun de leur côté pour ramasser de l’argent pour une ou deux écoles. Mais ce serait beaucoup mieux de n’avoir qu’un seul organisme. L’argent serait au même endroit pour être redistribué selon les besoins et, surtout, pour faire en sorte qu’aucun élève de la région n’ait faim avant d’aller en classe», explique Mme Maltais.

Elle travaille également pour mettre en place un service de repas chaud et de collations pour les élèves à la maison, advenant la fermeture des écoles. Un service semblable est d’ailleurs en fonction ailleurs en province.