Le N.-B. veut faire plus de place aux entreprises d’ici

Le Nouveau-Brunswick dévoile sa stratégie pour faire plus de place aux entreprises d’ici dans l’approvisionnement et les contrats gouvernementaux.

Le gouvernement du premier ministre Blaine Higgs souhaite que les entreprises du Nouveau-Brunswick obtiennent une plus grande part des dépenses de la province.

Au cours des douze dernières années, Fredericton a dépensé en moyenne 1 milliard $ par année en contrat d’approvisionnement et de construction. Environ 77% de ses contrats ont été accordés à des entreprises du Nouveau-Brunswick.

Lundi, le gouvernement s’est engagé à faire passer ce taux à 80% d’ici la fin de l’année fiscale le 31 mars 2021.

«C’est un objectif ambitieux. Ça représente approximativement 30 millions $», a déclaré la ministre de Service NB, Mary Wilson, en conférence de presse.

Afin d’atteindre sa cible, le gouvernement a adopté une nouvelle politique d’approvisionnement visant à assurer que le gouvernement se tourne le plus souvent possible vers des entreprises locales pour la construction et pour obtenir des biens et des services.

La province a notamment modifié ses principes d’attribution des contrats pour tenir compte du rapport qualité-prix au-delà du simple critère du coût le plus bas.

Les contrats d’envergure qui sont trop gros pour les petites et moyennes entreprises du Nouveau-Brunswick seront divisés en de plus petits contrats plus nombreux pour leur donner la chance d’obtenir une part du gâteau.

Le gouvernement va aussi moderniser son système d’appels d’offres pour permettre aux entreprises de participer en ligne au lieu d’avoir à se déplacer en personne pour déposer une offre. Cette initiative devrait aider les petites entreprises qui se trouvent loin de la capitale provinciale à participer au processus.

D’autres initiatives comme de la formation en ligne et des événements de réseautage aideront les petites entreprises à se familiariser avec le processus d’approvisionnement du gouvernement.

Fredericton assure que son plan respecte les accords commerciaux comme les traités de libre-échange qui dictent souvent comment les conditions des interactions entre les gouvernements et les entreprises.

«Nous maximisons l’utilisation des exemptions qui sont à notre disposition dans nos accords commerciaux dans les domaines du développement économique régional, de l’alimentation locale et des produits culturels», a avancé Mme Wilson.

«Ces exemptions nous permettent d’attribuer des marchés publics à des entreprises du Nouveau-Brunswick afin de promouvoir le développement économique», a-t-elle dit.

Les entreprises de la province attendaient une stratégie comme celle-ci depuis longtemps, a témoigné le président-directeur général du Conseil économique du Nouveau-Brunswick, Gaëtan Thomas.

«Les membres de notre association sont très heureux de faire partie de ça parce que ça fait des années qu’on en parle.»

«On pourrait réinjecter entre 30 et 35 millions $ dans notre économie. Ça veut dire plus d’emplois, plus de croissance et plus d’exportation.»

M. Thomas ne craint pas que les autres provinces sanctionnent les entreprises du Nouveau-Brunswick en guise de représailles puisqu’elles possèdent déjà des stratégies similaires.

«La Nouvelle-Écosse, le Québec, ils ont toujours eu des stratégies mettant la Nouvelle-Écosse ou le Québec en premier. Nous, on a toujours été enclins à aller vers les offres plus basses, mais le plus bas prix n’est pas toujours le meilleur prix.»

Gaëtan Thomas se réjouit que la qualité des marchandises et des services et l’aspect local fassent dorénavant partie de la formule d’attribution des contrats.