Santé: Higgs laisse entendre que les exigences linguistiques sont un frein à l’embauche

Le gouvernement Higgs n’a pas profité de la présentation du discours du Trône pour préciser sa vision du dossier des langues officielles. Pour les détails et les actions concrètes, il faudra repasser.

Dans le discours-fleuve de 25 pages, il est question à une seule reprise de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick (LLO). Deux phrases y sont consacrées.

«Il y aura révision l’an prochain de la Loi sur les langues officielles. Votre gouvernement entreprendra un examen exhaustif de la loi pour qu’elle assure l’égalité de nos communautés linguistiques.»

Il ne donne pas plus de détails sur ce processus. Le temps commence pourtant à presser; la révision de cette loi doit être terminée avant le 31 décembre 2021. La dernière révision, il y a une décennie, avait duré deux ans.

Au paragraphe suivant, le gouvernement laisse entendre que le Nouveau-Brunswick perd des «personnes talentueuses» et «hautement spécialisées», notamment dans le domaine de la santé, en raison des exigences linguistiques.

«Le gouvernement entretiendra un dialogue constructif et ouvert pour que les obstacles existants et les solutions envisageables à l’égard des compétences linguistiques et des attestations d’équivalence sur le plan professionnel soient bien compris».

Les progressistes-conservateurs réitèrent également leur désir que «tous les enfants aient plus d’occasions d’apprendre les deux langues», mais sans donner plus de détails sur la façon d’y arriver.

«Nous avons des inquiétudes»

Le chef de l’opposition officielle et chef par intérim du Parti libéral, Roger Melanson, a réagi au discours en mêlée de presse, mardi après-midi.

Il s’est dit préoccupé par le fait que les progressistes-conservateurs comptent seulement lancer le processus de révision de la LLO l’an prochain, à moins d’un an de la date butoir.

«C’est presque à la 11e heure», a-t-il dit.

L’insinuation du gouvernement Higgs que les exigences linguistiques constituent un obstacle à l’embauche et à la rétention du personnel en santé a aussi attiré son attention.

«Nous avons des inquiétudes là-dessus, sur ce que ça veut vraiment dire.»

Le chef du Parti vert, David Coon, a noté l’absence de détails sur les moyens de mettre en œuvre la vision du gouvernement Higgs en matière de langues officielles.

En mêlée de presse, il a affirmé qu’il aurait aimé que le gouvernement en dise plus long sur son plan pour la révision de la LLO.

«C’est très important, parce que la révision de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick a seulement lieu tous les dix ans. Nous avons maintenant l’occasion de renforcer la Loi.»

La SANB reste sur sa faim 

Le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, Alexandre Cédric Doucet, a pour sa part dit que le discours l’a laissé sur sa faim.

«Globalement, ça nous met dans une position où on a plus de questions que de réponses», a-t-il dit en entrevue téléphonique avec l’Acadie Nouvelle.

«Nous avons appris qu’avec le gouvernement Higgs, il ne faut pas avoir les attentes hautes en matière de langues officielles», a indiqué M. Doucet.

– Avec la collaboration du journaliste Mathieu Roy-Comeau