Il faut ramener les élèves du secondaire en classe à temps plein, dit l’opposition

L’opposition officielle demande au ministre de l’Éducation de ramener les élèves du secondaire en classe à temps plein malgré la pandémie afin de les motiver et de protéger leur santé mentale.

Depuis la rentrée scolaire, les élèves de la 9e à la 12e année font l’école à la maison une journée sur deux au Nouveau-Brunswick.

Cette initiative doit faciliter le respect des mesures de santé publique dans les écoles comme la distanciation physique en réduisant le nombre d’élèves présents dans les établissements au même moment.

Lorsque les adolescents ne sont pas à l’école durant la semaine, leurs journées doivent être consacrées à l’apprentissage en ligne ou à l’apprentissage par projets.

L’école partiellement à distance a cependant des effets néfastes sur la motivation des élèves du secondaire et sur leur santé mentale, selon le porte-parole du Parti libéral en matière d’éducation.

«De nombreux parents et enseignants ont le sentiment que ces enfants sont à la dérive et ne pourront peut-être jamais réintégrer le système correctement», avance Benoît Bourque au sujet des nombreux élèves qui éprouvaient déjà des difficultés à l’école avant la pandémie et qui se retrouvent dorénavant dans une situation encore plus précaire à son avis.

«Nous perdons des élèves. Nous étions déjà sur le point de les perdre et soudain, ils sont partis (à la maison) la moitié du temps. Comment pouvons-nous penser qu’ils seront motivés pour revenir et rester dans le système scolaire?»

Selon M. Bourque, très peu de systèmes d’éducation ont choisi d’accueillir les élèves du secondaire en classe seulement une journée sur deux.

«Il y a d’autres façons de faire. Ça fonctionnerait aussi bien si les enseignants allaient d’une classe à l’autre alors que les élèves restent en place», a suggéré le député de Kent-Sud.

D’après une brève recherche en ligne, la Colombie-Britannique, le Québec et la Nouvelle-Écosse sont parmi les provinces qui ont choisi d’accueillir les élèves du secondaire à l’école chaque jour malgré la pandémie.

Le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy, assure que l’école à la maison un jour sur deux pour les adolescents est une mesure nécessaire afin de réduire les risques d’éclosion de la COVID-19 qui pourraient forcer des écoles à fermer complètement.

«Nous avons suivi les conseils de la Santé publique pour nous assurer que nous pouvions préserver autant que possible l’expérience éducative de nos élèves», affirme M. Cardy.

Selon lui, la propagation de la COVID-19 dans les écoles pourrait avoir des effets beaucoup plus dévastateurs sur la santé mentale des élèves que l’enseignement à distance quelques jours par semaine.

«Si vous voulez parler des effets négatifs sur la santé mentale des élèves, imaginez que vous êtes la personne qui a répandu la COVID-19 dans votre salle de classe et dans votre école. Imaginez perdre un être cher parce qu’il n’a pas pris les précautions nécessaires.»

Il est impossible selon le ministre de demander aux enseignants de se déplacer d’une classe à l’autre alors que les élèves restent dans la même classe puisque les élèves ne suivent pas tous les mêmes cours.

«Pour les élèves du secondaire, qui par définition doivent pouvoir passer d’une classe à l’autre pour suivre différents cours et différentes matières, l’apprentissage mixte était la seule option que nous pouvions vraiment adopter tout en respectant les exigences de santé publique qui sont devenues si importantes pour nous tous», indique Dominic Cardy.

Des accommodements peuvent toutefois être aménagés par les autorités scolaires pour les élèves qui nécessitent une plus grande présence à l’école en raison de besoins spéciaux, précise-t-il.

L’apprentissage à la maison à temps partiel demeurera en vigueur au moins à court et à moyen terme, indique M. Cardy.

«Nous allons continuer d’étudier toutes les mesures qui pourraient devoir être resserrées, assouplies ou modifiées alors que la pandémie évolue.»