Les disparités régionales sont-elles un obstacle pour le gouvernement?

Un passage du discours du Trône de Blaine Higgs a fait sourciller quelques personnes depuis qu’il a été dévoilé par le gouvernement mardi.

Une portion du discours du trône identifie des obstacles à la croissance du secteur privé dans la province. L’un des éléments à éliminer serait «la façon de penser qui distingue à la fois le Nord du Sud et les régions rurales des centres urbains et qui nuit au potentiel de croissance».

Frédérick Dion, directeur général de l’Association francophone des municipalités du N.-B., a réagi sur Twitter.

«[Cette façon de penser] ne doit pas être perçue comme une nuisance mais plutôt une richesse et une diversité sur laquelle nous devons miser», a-t-il écrit.

«Ça me vire à l’envers qu’on puisse avoir cette perception d’une grande partie de la province! Faut y croire beaucoup pour OSER mettre ça par écrit dans le Discours du Trône! Ça n’ira pas mieux pour le Nord et la ruralité du NB!», a commenté Pascale Paulin, propriétaire de Forté communications, aussi sur Twitter.

En entrevue, Frédérick Dion explique qu’il s’interroge sur la présence de ces lignes dans le discours du trône.

«Ces petites phrases anodines disent quand même beaucoup de choses. On dit que ça nuit au potentiel de croissance, mais qu’est-ce qu’ils veulent dire par ça? S’il y a une différence dans les façons de penser, je ne le vois pas comme une nuisance, je le vois plutôt comme une richesse qu’il faut chercher à mettre en valeur», dit-il.

M. Dion estime que des régions du Nord doivent déjà composer avec une réalité différente de celle d’autres régions de la province, car elles ne disposent pas toujours des mêmes ressources.

«S’il y a des disparités, il faut chercher à les comprendre et à les atténuer plutôt que de dire que c’est une nuisance», estime-t-il.

Une approche uniformisée?

Par ailleurs, le gouvernement provincial de Blaine Higgs a déjà remplacé le Fonds du nord par d’autres portefeuilles tels que le Fonds pour l’économie rurale et le Fonds pour l’économie communautaire, qui s’adressent à des communautés de par et d’autre de la province.

Faut-il voir dans ce discours une promesse d’une approche uniformisée qui ne tient pas compte des réalités régionales et urbaines?

Cyrille Simard, maire d’Edmundston, croit qu’il ne faut pas aller si loin que ça. Il explique que les discours du trône restent souvent vagues.

«Je pense que ça fait seulement état du fait qu’il y a différentes façons de vivre la situation socio-économique à l’échelle de la province et que ça représente des défis. […] C’est difficile à interpréter, (mais) je ne pense pas que ça vise à expliquer qu’on devrait avoir une approche uniforme. Si c’était le cas, ce serait trahir un peu la réalité. Il y a des disparités dans les régions. À mon avis, on peut voir ça comme des contraintes, mais aussi comme des occasions.»

Cyrille Simard croit qu’il faudrait trouver une façon de renforcer les pôles économiques de la province au bénéfice des régions environnantes.

«On devrait peut-être prendre ces pôles-là comme des tremplins pour que les autres régions en profitent, incluant les régions qui sont plus rurales, en périphérie de ces pôles-là.»

L’Acadie Nouvelle a demandé des clarifications sur ce passage du discours du trône au Cabinet du premier ministre mercredi après-midi, mais notre demande est demeurée lettre morte.