Les libéraux accusent Higgs de vouloir couper dans les services en santé

L’opposition officielle accuse le gouvernement de Blaine Higgs de vouloir couper dans les services en santé alors que Fredericton promet des consultations dont les détails n’ont toujours pas été dévoilés.

Le désir du gouvernement «d’optimiser l’utilisation des ressources» et de mettre fin à la «duplication» en santé inquiète le chef par intérim du Parti libéral.

Roger Melanson accuse le gouvernement progressiste-conservateur d’avoir un plan pour faire des compressions en santé tout en se cachant derrière un exercice de consultation qui tarde à se concrétiser.

«Il a déjà décidé de ce qu’il veut faire en matière de soins de santé. Il veut couper dans les services», a déclaré M. Melanson au sujet du premier ministre Higgs lors de la période de questions, mercredi.

Dans le discours du trône présenté la veille, le gouvernement s’est engagé à s’attaquer à la «pénurie de personnel» et à la «sous-utilisation des ressources» dans le système de santé.

Fredericton veut aussi continuer à «optimiser l’utilisation des ressources en santé».

Blaine Higgs a également parlé récemment de la nécessité de mettre fin à la «duplication» au sein du système de santé.

Ces mots annoncent de grands bouleversements dans le système de santé alors que la population demande de la stabilité pour traverser la pandémie, selon le chef de l’opposition officielle.

«Le premier ministre parle d’éliminer la duplication dans les soins de santé. Eh bien, les urgences de Caraquet, Grand-Sault, Perth-Andover, Sackville, Sussex, et Sainte-Anne-de-Kent sont-elles de la duplication?», a demandé Roger Melanson en faisant allusion à la réforme avortée des hôpitaux ruraux.

«Les services d’oncologie que nous avons à Moncton et à Saint-Jean sont-ils des dédoublements? Les services de laboratoire des différents hôpitaux sont-ils de la duplication?»

M. Melanson craint que les consultations publiques sur le système de santé promises en mars et qui n’ont toujours pas eu lieu servent surtout d’excuses pour permettre au gouvernement de faire des compressions.

Le premier ministre Higgs s’est défendu d’avoir un plan pour réduire les services en santé, accusant du même coup les libéraux de ne proposer rien d’autre que le statu quo.

«Comment pouvons-nous sauver nos soins de santé? Comment pouvons-nous garantir que nous disposons des meilleurs soins de santé? À quel point pourrions-nous faire mieux si nous étions prêts à examiner l’ensemble du système? C’est ça le plan.»

Blaine Higgs a cité la centralisation des chirurgies de remplacement de la hanche et du genou à l’hôpital Saint-Joseph de Saint-Jean comme un exemple dont le gouvernement aimerait s’inspirer pour réduire les temps d’attente partout dans la province.

«Je connais des gens qui ont été à un rendez-vous (médical) à Bathurst parce qu’ils ne pouvaient pas avoir de rendez-vous à Saint-Jean. Ils étaient contents d’avoir été vus (par un médecin) au lieu d’attendre pendant six mois ou un an», a-t-il raconté.

«Si nous pouvons offrir le service et que les citoyens n’ont pas à attendre… Nous avons un excellent système d’autoroute dans la province. On devrait l’utiliser pour que les services puissent être offerts de n’importe où.»

En ce qui concerne l’élimination de la «duplication» en santé, le premier ministre a précisé que cela ne signifie pas qu’il songe à fusionner les deux réseaux de la santé en une seule entité comme le demande notamment l’Alliance des gens.

«Non, ça ne veut pas nécessairement dire ça du tout. Ça veut dire que nous devons trouver des façons de travailler ensemble», a-t-il dit.

Selon lui, les hôpitaux ne devraient pas tous offrir les mêmes services, mais plutôt se complémenter entre eux.

La ministre de la Santé, Dorothy Shephard, a indiqué durant la période de questions que les consultations sur l’avenir du système de santé auront lieu durant la première moitié de l’année prochaine.

«J’ai pris l’engagement envers chaque professionnel de la santé et chaque prestataire de soins de santé que nous allons avoir une consultation. Je suis sérieuse. Nous sommes en train de la préparer, et nous avons fixé un calendrier pour qu’elle se déroule dans un délai de six mois», a-t-elle dit.

Mme Shephard a promis que les communautés seront «au coeur» des consultations afin de permettre au gouvernement de comprendre «leurs besoins» et «leurs craintes» en matière de santé.

La ministre n’a cependant pas précisé le format des consultations et qui sera invité à y participer. On ne sait pas non plus si un rapport et des recommandations seront rendus publics par la suite.