Un rapport du Conseil de la santé du N.-B. souligne l’importance de facteurs tels que l’activité physique, la nutrition et le sommeil pour favoriser la résilience aux problèmes de santé mentale chez les jeunes.

Le Conseil de la santé du N.-B. constate que le système «peine à trouver un équilibre».

Même s’il permet de prodiguer des soins aux jeunes qui sont atteints de problèmes de santé mentale, il faut aussi promouvoir les facteurs qui favorisent une bonne santé émotionnelle comme l’activité physique, la nutrition et le sommeil, selon Stéphane Robichaud, directeur général du CSNB.

«Pour les jeunes, toutes ces activités-là, qui leur permettent de socialiser et d’avoir des rapports positifs, ça permet de développer une résilience.»

Il souligne que des périodes de stress temporaires sont normales chez l’enfant, mais que cela peut parfois se transformer en problèmes de santé mentale si l’appui nécessaire n’est pas au rendez-vous.

La promotion d’habitudes de vie saine peut aussi réduire les chances de développer des problèmes de santé mentale qui n’ont parfois rien de passager.

La pandémie et le confinement ont aidé à sensibiliser la population à la nécessité du contact humain. La résilience est donc de mise plus que jamais, selon le directeur du CSNB.

Le sommeil est un facteur important du développement de l’enfant et de sa santé mentale, mais seulement 37% des jeunes du N.-B. dorment 8h par nuit, selon le directeur.

«On a des réalités dans notre société qui sont plus présentes en 2020 qu’il y a 20 ans. On sait que les jeunes peuvent passer beaucoup trop de temps devant l’écran, ce qui peut affecter leur sommeil», ajoute Stéphane Robichaud.

Disparités régionales

L’offre de services de santé mentale varie aussi grandement selon la région où on se trouve, d’après des données de 2016-2017 relevées par le CSNB.

Dans les trois zones de Moncton/Sud-Est, Miramichi et Fredericton/La Vallée, seulement 36% à 40% des services offerts sont survenus dans les 30 jours suivant l’aiguillage vers des soins de santé mentale pour les jeunes.

Ces taux se situaient entre 63% et 70% pour les autres zones de la province (Madawaska/Nord-Ouest, Restigouche, Bathurst/Péninsule acadienne et Fundy/Saint-Jean).

Le CSNB n’a pas obtenu de données plus récentes sur ce point puisque le ministère de la Santé a abandonné cette méthodologie en 2016-2017 et qu’il ne l’a pas encore remplacée, selon le rapport.

Stéphane Robichaud croit que les chiffres démontrent néanmoins que la prestation de services et la promotion d’habitudes saines devraient tenir compte des disparités régionales.

La sensibilisation à la santé mentale laisse aussi à désirer. Seulement 30% à 40% des jeunes sont au courant des ressources qui sont à portée de main, selon le CSNB.

«On sait qu’on a du travail à faire comme société sur la façon dont on informe nos jeunes de ces services-là», dit Stéphane Robichaud.

Il indique que le gouvernement est sur la bonne voie avec le service 211 NB lancé le 15 octobre, qui permet d’orienter les gens vers des ressources d’aide sociale et de soins de santé non cliniques.

Il estime par contre que ces informations devraient être plus facilement accessibles pour les jeunes.

Avancer à reculons

Malgré l’initiative du service 211 NB, le gouvernement tranche aussi dans d’autres programmes qui permettent de diriger les jeunes vers des soins appropriés.

Au début novembre, l’Acadie Nouvelle mettait en lumière des coupures de 40 000$ en subventions provinciales au programme Le Maillon, qui aide les jeunes à faire face aux situations de crise et qui est accessible dans toutes les écoles de la province.

«La volonté (du gouvernement) est là pour aider les enfants, mais le système est compliqué. Le 211, c’est bon pour la population, mais ce n’est pas présent (directement) dans une école», fait valoir Gérard Michaud, travailleur social pour le District scolaire francophone du Nord-Ouest et président du comité régional de Grand-Sault du programme Le Maillon.

Il explique que les accompagnateurs du Maillon sont souvent des enseignants, qui sont «aux premières lignes» avec les élèves pour écouter leurs problèmes.

«Ils font le pont entre les besoins de l’enfant et les services appropriés.»

Gérard Michaud dit que Le Maillon est exactement le genre de service qui permet aux jeunes de prendre le contrôle de leurs problèmes et de former cette résilience évoquée par le Conseil de la santé.

«Ce premier pas, souvent, c’est difficile pour un jeune s’il n’a pas le soutien de sa famille ou de ses parents.»

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