Carte loisir: Campbellton fait volte-face pour la saison 2020-2021

En raison de l’incertitude entourant la pandémie de la COVID-19, le conseil municipal de Campbellton abandonne l’imposition de sa carte de loisirs pour l’utilisation de son Centre civique.

La carte loisir, rappelons-le, est l’équivalent de frais aux usagers imposés aux non-résidents de Campbellton. L’abandon de la carte loisir signifie donc que tous les usagers – peu importe leur provenance – auront accès aux infrastructures du Centre civique ainsi qu’à la même tarification que les résidents de la Ville.

La saison dernière, six municipalités avaient accepté d’être «partenaires» avec Campbellton, c’est-à-dire de débourser un montant fixe pour exempter leurs citoyens de devoir faire l’achat (à fort prix) d’une carte loisir. De ce nombre, cinq se trouvent dans la MRC d’Avignon en Gaspésie. Au Nouveau-Brunswick, seul le village de Tide Head s’était entendu avec sa voisine.

Mais voilà, la MRC d’Avignon étant actuellement exclue de la bulle atlantique – et l’ayant été en grande majorité du temps depuis mars – ses citoyens n’ont plus accès à la province sinon pour obtenir des biens et services essentiels. Et les sports et loisirs n’en font pas partie.

«Présentement, ça ne donne rien de poursuivre dans cette voie quand pratiquement tous nos partenaires n’ont pas accès à nos infrastructures. Ce serait illogique de leur demander de continuer à contribuer. Le conseil a donc décidé de simplement mettre cette formule de côté pour cette année», indique la mairesse de Campbellton, Stéphanie Anglehart-Paulin, ajoutant que la mesure tient même advenant la réintégration de la MRC d’Avignon dans la bulle Atlantique.

«Tant que la pandémie est en cours, c’est difficile de planifier parce qu’on ne sait pas quand la frontière sera ouverte, quand elle refermera, si on reste en jaune ou que l’on passe en orange. Il y a tout simplement trop d’inconnus, trop d’incertitudes en ce moment, c’est pratiquement impossible à gérer», dit-elle.

Selon la mairesse, la Ville aurait pu continuer d’exiger la carte loisir pour les communautés du Restigouche réfractaires jusqu’ici à contracter un partenariat avec elle. Toutefois, le conseil a préféré opter pour une autre approche.

«Nous sommes en train de faire face à une pandémie qui a déjà causé suffisamment d’effets néfastes comme c’est là. Garder la ligne dure se ferait au détriment de la santé physique et mentale des résidents de notre région, et ce n’est définitivement pas ce que l’on veut. Les gens ont suffisamment souffert au cours des derniers mois à cause des différentes restrictions liées à la COVID-19. Notre décision est, en quelque sorte, notre contribution régionale au bien-être des citoyens», souligne la mairesse.

Avec l’abandon de la carte loisir, la Ville de Campbellton perd environ 96 000$ en revenus. La mairesse croit qu’en assouplissant sa position au niveau régional, la participation des usagers pourra compenser une partie de ces pertes.

Malgré ce geste, Mme Anglehart-Paulin réaffirme par ailleurs son appui dans le système de carte loisir d’ici la mise en place d’un partenariat régional pour le financement du Centre civique. Elle indique du coup que les discussions sur cette question reprendront au niveau du comité consultatif une fois la pandémie contenue.

La Ville remboursera par ailleurs les utilisateurs provenant de municipalités non-partenaires quatre mois sur leur carte de loisir et carte de marcheur de la saison 2019-2020 puisque la saison s’est interrompue abruptement. Les détenteurs de cartes ont jusqu’au 11 décembre pour obtenir leur remboursement. Les associations de sports mineurs ont également reçu un remboursement partiel de la contribution qu’elles avaient versée en remplacement des cartes de loisirs.