Dons aux organismes: Tracadie forcée de faire des choix difficiles

Il ne servira pratiquement à rien aux organismes de la Municipalité régionale de Tracadie d’aller cogner à la porte de la Ville afin d’obtenir quelques précieux dollars en dons pour 2021.

Les élus ont établi une somme de 98 000$ dans le budget 2021 dans l’aide aux organisations communautaires, artistiques et sportives du territoire. On est loin des 215 000$ de l’année précédente.

Et ces 98 000$ sont déjà réservés. Il y a 2000$ qui vont à l’Hôpital de Bathurst dans une entente d’une durée de cinq ans. Le reste va à l’Académie Sainte-Famille, qui distribuera ce montant sous diverses formes aux organismes qu’elle abrite sous son toit, dont le Musée historique de Tracadie.

Cette nouvelle formule adoptée par la MRT n’est pas sans rappeler ce que fait la Ville de Caraquet et son Centre culturel.

Déjà, certains groupes laissent sous-entendre une forme de favoritisme dans la distribution de ces dons. Pour le maire Denis Losier, il s’agit plutôt d’assurer la survie de ceux qui ont pignon sur rue à l’Académie.

«Nous avons plus d’une trentaine d’organismes qui cognent à notre porte par année. Il a fallu faire des choix. Est-ce du favoritisme? On n’a pas de l’argent pour tout le monde. Nous avons donc décidé de prioriser les organismes sous l’Académie Sainte-Famille, car il en va de leur survie. Je ne me verrais pas passer devant une Académie fermée parce que la Ville ne l’a pas aidée», a-t-il expliqué.

Les élus doivent d’ailleurs adopter une résolution sur la question des dons, lundi, en réunion ordinaire. Il est proposé d’écrire une lettre à tout demandeur pour lui indiquer que leur requête sera réévaluée à l’automne 2021, advenant un surplus au budget de fonctionnement général de plus de 14,4 millions $.

«Nous ne disons pas non à ces organismes, précise le maire, conscient que cette position ne sera pas appréciée dans la communauté. Nous disons seulement que nous évaluerons ces demandes plus tard si la flexibilité financière nous le permet. On ne sait pas ce que nous réserve encore la crise de la COVID-19. On ne sait pas non plus à quel genre d’hiver nous serons confrontés. C’est comme s’il ne me restait plus que 100$ sur ma paie. Ma femme ne serait pas contente si j’en donnais 50$ à des organismes plutôt que de payer notre épicerie.»

À son avis, les citoyens sauront faire la part des choses dans ce dossier. Il ajoute que plusieurs organismes peuvent faire en sorte d’aller chercher ailleurs l’argent qu’ils allaient quérir habituellement à la Ville.

«Nous recevions des demandes de tout le monde et tout le monde pensait que la ville en donnerait. Mais notre réalité est différente, cette année, et il a fallu monter le taux de taxe foncière d’un cent partout (1,51$ dans les deux quartiers urbains et 0,91$ dans les six quartiers ruraux). Nous avons adopté un budget de prudence opérationnelle. Il ne faut pas oublier que nous devrions avoir un nouveau conseil municipal en mai 2021. Si les citoyens évaluent mon travail là-dessus, je crois qu’ils manquent le bateau», va jusqu’à constater le maire.