Comité sur les langues officielles: Higgs dit non, l’opposition persiste

Les libéraux et les verts continuent de réclamer la création d’un comité permanent sur les langues officielles malgré le refus du premier ministre.

Blaine Higgs a indiqué jeudi en mêlée de presse que la création d’un comité permanent de l’Assemblée législative sur les langues officielles n’était pas dans ses plans.

«En ce moment, ce n’est pas quelque chose que nous considérons.»

Cela n’a pas empêché pour autant l’opposition officielle de présenter un avis de motion, vendredi, pour réclamer la création de ce comité.

Le porte-parole du Parti libéral en matière de langues officielles, le député Benoît Bourque, espère que sa motion et le débat qui suivra suffiront à convaincre M. Higgs de changer d’avis.

«Il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée. Il y a certainement un historique de la part de ce premier ministre de changer d’idée. On l’a vu avec la réforme “botchée” en santé plus tôt cette année.»

Au Parlement canadien, la Chambre des communes et le Sénat possèdent chacun leur comité permanent sur les langues officielles.

Le député Kevin Arseneau du Parti vert a été parmi les premiers élus provinciaux à réclamer la création d’un comité de ce genre dans la seule province officiellement bilingue au pays.

«C’est un énorme manque de volonté de sa part. On devrait être en train de favoriser le dialogue au lieu de continuellement mettre ça sous le tapis», a-t-il commenté au sujet du refus de M. Higgs.

M. Arseneau accuse autant les libéraux que les progressistes-conservateurs d’ignorer les questions parfois sensibles concernant  les langues officielles lorsqu’ils sont au pouvoir.

«Les gouvernements successifs ont toujours vu les langues officielles comme une épine dans leur pied.»

Interrogé sur le fait que le Parti libéral a attendu d’être dans l’opposition avant de proposer la création d’un comité sur les langues officielles, Benoît Bourque répond que le précédent gouvernement dont il faisait partie avait choisi de ménager les sensibilités en matière de langues officielles.

«Comme c’est un dossier qui est délicat, il y avait une certaine prudence, mais je pense que l’on voit que maintenant cette prudence-là n’a pu sa place. Cette stratégie-là n’a pas marché», raconte le député.

«Il faut maintenant en arriver à une stratégie plus audacieuse et c’est pour ça que nous avons présenté cette motion.»

Selon M. Bourque, le «mutisme» des gouvernements successifs en matière de langues officielles aurait permis à «des voix marginales» et opposées au bilinguisme comme celle de l’Alliance des gens de se faire entendre davantage.

«Le temps est venu que les élus “mainstreams” se prononcent.»

Kevin Arseneau ne craint pas non plus qu’un comité sur les langues officielles finisse par servir de crachoir pour ceux qui s’opposent à l’égalité des deux comités linguistiques.

«Je n’ai pas peur que ça dérape. Je pense que le dialogue, c’est ce dont nous avons besoin. Je pense qu’on se fait plus de tort de ne pas en parler.»