«Nous avons un cancer dans cette province: le racisme systémique»

La volonté de la ministre de l’Immigration et des Affaires autochtones de s’attaquer rapidement au racisme systémique dans la province suscite le scepticisme dans les rangs des partis d’opposition.

Durant la période de questions à l’Assemblée législative, vendredi, la ministre Arlene Dunn a comparé le racisme systémique à une tumeur à éliminer de la société néo-brunswickoise.

«Nous avons un cancer dans cette province, comme dans beaucoup d’autres provinces, et cela s’appelle le racisme systémique.»

«Il semble que cela soit ancré dans un certain nombre de systèmes. Ça touche l’éducation, les soins de santé, un certain nombre d’autres entités (et c’est) quelque chose que nous devons vraiment essayer d’éradiquer.»

Le racisme systémique est devenu un enjeu de premier plan au Nouveau-Brunswick ce printemps dans la foulée de la mort de Chantel Moore et de Rodney Levi, deux Autochtones tués par la police à huit jours d’intervalle.

Depuis ces événements, les chefs des Premières Nations de la province réclament la tenue d’une enquête publique sur le racisme systémique contre les autochtones au sein du système de justice et de la police.

Le premier ministre, Blaine Higgs, refuse de déclencher une enquête du genre.

Mme Dunn a cependant promis vendredi d’agir très bientôt sur la question du racisme systémique.

«Nous allons prendre cette initiative et nous allons faire quelque chose à ce sujet. Vous pouvez en être sûr. Et vous allez entendre beaucoup de choses de ma part au cours des prochains jours.»

Cette initiative s’adressera aux Autochtones, mais aussi à l’ensemble des personnes racisées de la province.

«Lorsque je parle aux groupes racisés de cette province, c’est un problème auquel ils sont confrontés tous les jours. Je pense que nous avons l’obligation envers tous ces gens de faire quelque chose pour y remédier.»

Arlene Dunn a confié que son initiative sera indépendante du gouvernement, mais qu’il ne s’agira pas d’une enquête publique sur le racisme systémique.

La porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires autochtones, la députée Lisa Harris, craint que le gouvernement ne soit en train de noyer les revendications des Premières Nations dans un autre débat.

«Le racisme systémique est mal, peu importe qui le fait ou qui le subit, mais il y a eu plusieurs tentatives de dialogue avec ce gouvernement de la part des chefs autochtones et ils n’ont reçu aucun respect», a-t-elle dit.

«Les leaders des Premières Nations sont ignorés par ce gouvernement et là, ils vont être intégrés dans quelque chose qui a peut-être sa raison d’être, mais pourquoi ne pas s’asseoir et écouter ce qu’ils ont à dire», a demandé Mme Harris.

Arlene Dunn affirme avoir rencontré de nombreux leaders des Premières Nations depuis sa nomination au cabinet en septembre et assure que le gouvernement est à l’écoute de leurs revendications.

Selon le chef du Parti vert, David Coon, la ministre devrait «répondre directement» aux demandes des chefs.

À son avis, une enquête publique sur le racisme systémique contre les Autochtones est nécessaire pour permettre aux décideurs de faire le nécessaire par la suite pour éliminer le racisme systémique.

Selon la Commission québécoise des droits de la personne et de la jeunesse, le racisme systémique est «la somme d’effets d’exclusion disproportionnés qui résultent de l’effet conjugué d’attitudes empreintes de préjugés et de stéréotypes, souvent inconscients, et de politiques et pratiques généralement adoptées sans tenir compte des caractéristiques des membres de groupes visés par l’interdiction de la discrimination.»