COVID-19: 15 nouveaux cas et septième décès au Nouveau-Brunswick

La situation sanitaire ne semble pas se stabiliser dans le sud de la province et plus particulièrement la région de Saint-Jean. Le gouvernement provincial entend sévir pour faire respecter les mesures de précaution sanitaires.

La Santé publique a déclaré 15 nouveaux cas de COVID-19 au Nouveau-Brunswick ce lundi. La médecin-hygiéniste Dre Russell a également signalé qu’un septième Néo-Brunswickois est décédé «en raison de problèmes de santé sous-jacents, y compris la COVID-19». Il s’agit d’une personne âgée entre 80 et 89 ans résidant la zone 2 (région de Saint Jean).

Cela porte à 89 le total de cas actifs sur le territoire. De ce nombre, 13 font l’objet d’une enquête. Cela signifie que les 76 autres cas sont liés à des voyages hors de la province ou à des contacts étroits avec des personnes ayant voyagé

La majorité des tests positifs proviennent de la zone 2 (11), auxquels s’ajoutent trois nouveaux cas dans la zone 1, qui inclut Moncton et un nouveau cas dans la zone 3 qui inclut Fredericton.

La liste des avis d’exposition s’allonge, incluant de nombreux bars et restaurants, salles de conditionnement physique mais aussi trois écoles. La Santé publique a signalé samedi 23 nouveaux cas, la plus grande hausse quotidienne depuis le début de la pandémie. La progression est particulièrement rapide dans la zone 2 où l’on dénombre le plus de cas actifs (43), devant la zone 1 (33). Toutes deux ont régressé en phase orange de déconfinement la semaine dernière.

La Dre Jennifer Russell estime néanmoins que le Nouveau-Brunswick continue de bien s’en tirer jusqu’à présent.

«Nos taux d’infection au Canada atlantique sont inférieurs à ceux des autres provinces canadiennes et nous n’avons pas encore fait face aux montées rapides et incontrôlées de COVID-19 que nous avons pu voir ailleurs», constate-t-elle.

La médecin-hygiéniste a profité du point de presse lundi pour préciser que si les résidents des zones 1 et 2 doivent limiter leurs contacts à une bulle d’un seul ménage, il est possible d’inclure dans sa bulle un membre de la famille immédiate ayant besoin d’un «soutien physique, mental ou émotionnel».

Davantage de contrôles

Le gouvernement provincial indique que les policiers, les agents de la paix du ministère de la Justice et de la Sécurité publique, tout comme les inspecteurs de la Santé publique et de Travail sécuritaire NB ont intensifié leurs efforts afin de faire respecter les consignes de la Santé publique. Les visites d’établissements sont accompagnées de patrouilles dans les lieux publics.

«Ils se rendent dans des entreprises et des lieux publics pour veiller à l’application des dispositions de l’arrêté obligatoire, y compris le port du masque et la disposition relative aux plans opérationnels relatifs à la COVID-19. Les personnes qui refusent de respecter les dispositions de l’arrêté obligatoire feront face à des accusations», peut-on lire dans un communiqué.

Plus de 30 amendes ont été distribuées au cours de la fin de semaine pour des infractions à l’arrêté obligatoire émis en vertu de la Loi sur les mesures d’urgence. Presque toutes seraient liées au non-respect du port du masque, affirme le premier ministre Blaine Higgs. Les inspecteurs ont émis des douzaines d’ordonnances exécutoires à des entreprises et un arrêt de travail a été ordonné dans un établissement du Sud-Est pour non-respect des directives.

Les restaurants et autres lieux avec places assises seront désormais tenus de demander à leurs clients de présenter une pièce d’identité pour la tenue de leur registre. M. Higgs explique qu’il s’agit de s’assurer que, dans les zones orange, les gens qui prennent place à une même table font partie de la même bulle formée d’un seul ménage. Cela permettra également de vérifier l’exactitude des noms donnés: la Santé publique a découvert, durant des processus de recherche des contacts, que certaines personnes n’avaient pas donné leur vrai nom et leurs véritables coordonnées.

«C’est décevant», a réagi le premier ministre.

«Vous ne contournez pas le système, vous mettez en péril la santé et le bien-être de votre voisin, peut-être de vos grands-parents, peut-être de vos parents.»

Il explique que les propriétaires de restaurants et de bars ont désormais l’obligation de ne pas servir les clients qui refusent de fournir «une identification, une adresse et des coordonnées».

Un système de santé fragile

La présidente-directrice générale du Réseau de santé Horizon, Karen McGrath, a signalé lundi que le système de santé pour être «facilement dépassé» par un petit nombre de nouveaux cas.

«Nous savons que les prochains jours et les prochaines semaines seront déterminants», a-t-elle alerté.

Chacun des cinq hôpitaux régionaux d’Horizon (Upper River Valley, Miramichi, Moncton, Fredericton et Saint-Jean) ne dispose que de trois à cinq lits disponibles en soins aigus, et de deux à trois lits disponibles en soins intensifs.

«C’est très peu, prévient Karen McGrath. Si l’on reçoit sept ou huit admissions en très peu de temps, cela pourrait vraiment affecter le système et nous pourrions être submergés très rapidement.»

La régie anglophone compte actuellement 64 employés en auto-isolement et doit compenser le manque de personnel en affectant les effectifs aux unités prioritaires que sont les salles d’urgence et les unités de soins intensifs et aigus.

Les visites à l’urgence sont en baisse, ce qui inquiète la PDG du réseau. Elle encourage les patients symptômes les plus sévères à ne pas reporter leur visite à l’hôpital.

Aucune chirurgie n’a été annulée pour le moment. Les interventions médicales non urgentes et les chirurgies électives seront autorisées, mais pourraient être réduites temporairement selon l’évolution de la situation.

En revanche, toutes les visites au centre sont interdites au Centre de réadaptation Stan Cassidy à Fredericton où une éclosion de COVID-19 a été déclarée. Les rendez-vous sont annulés jusqu’à nouvel ordre.