Amende de 292,50$ liée à la COVID-19: «Comme une claque au visage»

Derrick Dixon digère mal l’amende de 292,50$ dont il a écopé parce que son plan opérationnel lié à la COVID-19 était inadéquat. Ce commerçant de Sackville sent qu’il a été ciblé injustement pour avoir remis en question le fait que des policiers armés sont chargés de mener des inspections.

Le propriétaire de la boutique de vêtements usagés Hounds of Vintage, Derrick Dixon, bardassait dans ses affaires, mardi, lorsqu’il a reçu la visite de deux agents de la GRC.

«Ils sont entrés et ils ont dit qu’ils passaient pour vérifier le respect des règles. Ils m’ont dit qu’ils distribuaient seulement des ordres de conformité», dit-il en entrevue téléphonique.

Ils ont posé des questions sur les mesures mises en place pour freiner la propagation de la COVID-19. Ils lui ont aussi demandé une copie de son plan opérationnel. Il leur a montré le document, écrit à la main et affiché sur la porte d’entrée.

«Je savais qu’il me fallait un plan écrit dans mon magasin. Je pensais que ce serait suffisant d’afficher un plan sur ma porte.»

Ce n’était pas le cas. Les agents lui ont fait savoir que son plan ne respectait pas les normes établies par Travail sécuritaire NB. Ils ont rempli un ordre de conformité, un formulaire d’une page qui se veut un avertissement.

«Ça ne me dérangeait pas du tout de recevoir un ordre de conformité. […] C’est bien que des vérifications soient effectuées», dit-il.

Selon lui, les choses ont tourné au vinaigre lorsqu’il a dit aux policiers qu’il se sentait intimidé par leur présence et qu’il trouvait illogique que les inspections soient effectuées par des agents en uniforme, armés et vêtus d’un gilet pare-balles.

«C’est à ce moment-là que l’un des agents m’a demandé une pièce d’identité et a commencé à écrire un billet de contravention pour non-conformité», allègue Derrick Dixon.

Cette amende, dont il nous a fourni une photo, il la prend très mal. C’est que depuis le début de la pandémie, il a été proactif et se prononce souvent publiquement (sur la page Instagram de Hounds of Vintage) en faveur de l’imposition de mesures pour lutter contre la pandémie.

Voici l’ordre de conformité et le billet de contravention remis à Derrick Dixon, mardi, par des agents de la GRC. – Photo contribution

Il a aussi été l’un des premiers commerçants de la région à exiger que ses clients portent un masque pour entrer dans ses locaux. C’était en juin, quatre mois avant que le gouvernement provincial n’impose cette mesure.

«Personne n’est entré sans masque dans ma boutique depuis que j’ai rouvert mes portes. Je prends ça (cette amende) comme une claque au visage.»

Ce membre de la communauté LGBTQ+ – qui milite ouvertement pour diverses causes sociales et n’hésite pas à critiquer la police – se demande aussi s’il n’a pas été ciblé en raison de ses convictions.

«Je me sens injustement ciblé. Pas pour la COVID, mais pour tout ce que ma boutique représente et appuie.»

Depuis mardi, Derrick Dixon s’est doté d’un nouveau plan. Il a aussi affiché des avertissements supplémentaires sur sa porte et collé des flèches sur le plancher de son commerce, comme on le lui demande dans l’ordre de conformité.

Mais il n’a pas l’intention de payer l’amende, et ce, même si des gens lui ont offert de l’appuyer financièrement. Il compte la contester devant les tribunaux le 5 janvier 2021 (soit la date de comparution inscrite sur le billet de contravention).

«Je crois bien que je vais la contester. Je n’ai jamais dû faire quelque chose comme ça. Je ne sais pas si j’ai besoin d’un avocat… je n’ai aucune idée quoi faire. Mais ouais… ce n’est pas correct.»