Tempêtes: les écoles fermées pour des raisons syndicales

Près d’un mois avant l’arrivée officielle de l’hiver, Dame nature a déjà commencé à malmener le calendrier scolaire.

Par exemple, au Madawaska, certaines écoles ont été fermées à deux occasions cette semaine en raison des mauvaises conditions météorologiques.

Bon an mal, le mauvais temps peut forcer la fermeture des écoles d’un district scolaire comme le DSFNO à une douzaine d’occasions.

En début d’année, le ministère de l’Éducation s’est assuré que chaque élève de la province ait accès à l’éducation en ligne au cas où la pandémie devait forcer la fermeture des écoles, comme c’est survenu le printemps dernier. Le gouvernement provincial s’est même engagé à rembourser l’achat de matériel électronique (ordinateur, tablette) aux familles moins fortunées.

Plusieurs se demandent donc si les professeurs ne devraient pas avoir recours à l’enseignement en ligne quand les écoles sont fermées en raison des mauvaises conditions météorologiques.

«Année après année, dès les premières journées de fermeture d’écoles et tempêtes de la saison, c’est un sujet qui revient dans les discussions!», a d’entrée de jeu souligné Chantal Varin, directrice générale de l’association francophone des parents du Nouveau-Brunswick.

Selon elle, l’accès à un ordinateur à la maison et à un réseau internet fiable pour toutes les familles de la province n’est actuellement pas possible, ce qui complique déjà la mise en place d’une telle mesure.

«Il faut aussi considérer que l’école n’est pas le seul lieu d’apprentissage pour un enfant, malgré toute l’importance et le respect que l’on doit lui donner. Des journées de congé peuvent permettre aux enfants de se dégager d’une certaine forme d’anxiété.»

En 2015, Mme Varin avait participé au travail d’un comité chargé par le ministre de l’Éducation qui visait à émettre des recommandations au sujet des journées d’enseignement perdues en raison du mauvais temps.

L’une des recommandations du groupe de travail suggérait à l’époque de préparer des trousses d’éducation à être utilisées par les élèves à la maison en cas de mauvais temps et de fermeture d’écoles.

Questionné par l’Acadie Nouvelle à ce sujet, le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy, n’entend pas obliger les districts scolaires à forcer l’enseignement scolaire à distance les jours de tempêtes.

Selon lui, les conventions collectives actuellement en vigueur avec les professeurs de la province ne permettent pas tout simplement pas l’imposition d’une telle mesure.

«Les journées de tempête sont vues par les enseignants comme une façon de rattraper et planifier les leçons, de s’occuper des bulletins», a indiqué le ministre, tout en soulignant qu’une importante charge de travail a été imposée aux enseignants de la province au cours des dernières années.

Dans un même registre, l’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB) estime qu’il est faux de croire qu’une journée de fermeture d’école équivaut à une journée de congé pour le personnel enseignant.

«Je lance le défi à quiconque de me trouver un enseignant qui ne fait absolument rien lors d’une tempête. Je n’en connais aucun personnellement», a affirmé Gérald Arseneault, le président de l’AEFNB.

«Comme le dit le ministre Cardy, n’enlevons pas aux enseignants l’occasion de respirer et de reprendre un peu leur souffle et de pouvoir bien se préparer afin de mieux encadrer les élèves.»