Tracadie: d’anciens poteaux électriques non décontaminés dans un parc pour enfants

Le District scolaire francophone Nord-Est devrait obtenir le rapport d’analyse du parc écoéducatif de l’école Le Tremplin de Tracadie vendredi. Mais tout semble déjà pointer vers un coupable qui a justifié la fermeture de cette aire de jeux unique dans la Péninsule acadienne, la semaine dernière, après trois seulement trois ans d’utilisation.

Des poteaux utilisés pour le transport de fils et recyclés en stations de jeux seraient au banc des accusés.

Des ingénieurs en environnement enquêtent sur la présence de matériaux apparemment non conformes pour un parc de jeux.

Les résultats préliminaires laissent croire que le bois qui a servi pour fabriquer certains éléments ludiques du parc n’est pas propice pour une telle utilisation, a indiqué Éloi Doucet, directeur des services administratifs et financiers du DSF-NE.

Par contre, il faut attendre les conclusions de l’enquête, prend-il soin de spécifier.

«Les soupçons portent vers des éléments dans le bois utilisé. Notre priorité a été d’assurer la sécurité des élèves, de concert avec la Santé publique», a-t-il justifié.

Selon diverses sources, ce bois proviendrait de poteaux, lesquels avaient été préalablement traités et possiblement contaminés par des produits utilisés dans les composantes électriques et téléphoniques.

Encore là, M. Doucet n’a pas voulu confirmer ni avérer l’information voulant que ces poteaux viennent des piquets abîmés pendant la crise du verglas de janvier 2017.

Marc Belliveau, porte-parole d’Énergie NB, a confirmé au journal que ce n’est pas la société de la Couronne qui a fourni ce matériel.

«Nous embauchons des contracteurs à travers le Nouveau-Brunswick pour disposer de nos poteaux», a-t-il précisé.

La lumière rouge a été allumée il y a environ trois semaines, quand un employé d’Énergie NB a fait la remarque au District, ajoute-t-il.

Le porte-parole du DSF-NE n’a pas voulu s’avancer à savoir si le constructeur du parc, une firme de la région, n’aurait pas respecté les plans et devis proposés. Donc, que le parc n’était pas conforme dès son ouverture. À l’origine, les concepteurs – deux architectes avec l’aide d’élèves – désiraient des matériaux naturels dans cet espace et voulaient réduire au strict minimum l’utilisation de plastique.

«Notre objectif n’était certainement pas d’apporter de possibles contaminants sur le site», assure Mathieu Boucher-Côté, l’un des architectes joint par le journal.

Le DSF-NE a émis un avis public en mentionnant que le lieu est actuellement fermé et sous enquête après avoir été «jugé non conforme durant l’analyse du matériel qui le compose».

Lancé en 2014 et inauguré en octobre 2017, cet écoparc, le premier du genre dans la Péninsule acadienne, a été construit au coût de près de 300 000$. Il cherchait à prioriser la végétation et à limiter l’utilisation du plastique. Principalement fréquenté par les élèves de l’école, il a aussi été conçu pour permettre aux personnes à mobilité réduite de pouvoir utiliser les stations.

Fredericton (85 000$) et Ottawa (80 000$) ont ajouté leur part financière à celle de la communauté (85 000$), en plus d’un don de 23 800$ de la Fondation Rick Hansen, un organisme qui permet aux personnes ayant un handicap de vivre à leur plein potentiel.

Il mettait en valeur la nature et les fleurs avec des serres, des sentiers, des terrains de sport, des bacs de jardinage et des installations pour des classes vertes. On y avait même planté plus d’une centaine d’arbres et d’arbustes.

L’endroit n’est toujours pas terminé et voilà qu’il est menacé de disparaître.

Selon M. Benoît, le remplacement des matériaux défaillants et même la démolition du parc ont été discutés avec le Comité parental d’appui à l’élève de l’école Le Tremplin. Peu importe les conclusions des ingénieurs, le porte-parole du DSF-NE soutient que ce sera une décision collective, prise avec l’école et la Municipalité régionale de Tracadie.