Infirmières agressées: six mois de prison pour Randy Van Horlick

Bruce Randolph «Randy» Van Horlick, un homme de 71 ans d’Acadieville, écope de six mois d’emprisonnement pour l’agression violente de deux infirmières au Centre hospitalier universitaire Dr.-Georges-L.-Dumont l’an dernier.

Après un long procès, l’homme âgé de 71 ans a été reconnu coupable le 11 septembre de voies de fait causant des lésions corporelles envers deux infirmières du CHU Dumont.

Vendredi, il a écopé de six mois de prison et de deux ans de probation pour chacune des accusations, mais les deux peines seront purgées en même temps.

Malgré la demande de ses avocats, il devra passer ce temps derrière les barreaux, et non chez lui.

Il devra également se soumettre à une période de probation de deux ans à sa sortie de prison.

En plus de fournir un échantillon d’ADN aux autorités, il lui sera interdit de contacter les victimes, et il devra garder une bonne conduite à sa sortie de prison.

Deux infirmières, Natasha Poirier et Teresa Thibeault, ont été blessées lors de l’agression violente qui s’est produite le 11 mars 2019.

Elles souffrent toujours des séquelles psychologiques de l’agression. Seule Teresa Thibeault a été en mesure de reprendre le travail.

Teresa Thibeault (à gauche) et Natasha Poirier, les deux infirmières victimes de l’agression au CHU Dumont en mars 2019. – Acadie Nouvelle: Alexandre Boudreau

Pendant que la juge Yvette Finn récitait son verdict, Randy Van Horlick a secoué sa tête de gauche à droite à plusieurs reprises, indiquant «non» – y compris quand la juge lui a dit directement qu’elle espérait que l’homme allait «laisser tout cela derrière lui».

Au cours du procès, l’homme a exprimé peu de remords. Lors de sa dernière comparution plus tôt ce mois-ci, il s’est plutôt présenté comme une victime du système de santé et de l’appareil judiciaire. Il a aussi jeté le blâme de l’agression sur une des infirmières en disant que rien ne serait arrivé si elle avait «fait son travail.»

La juge a rappelé une partie de cette audience lorsqu’elle a expliqué sa décision vendredi.

«M. Van Horlick m’a dit (…) qu’il ne voulait faire de mal à personne, mais qu’il avait été placé dans cette position parce que Mme Poirier n’avait pas fait son travail, et qu’elle aurait dû être reconnaissante qu’il ne l’avait pas tuée.»

La juge Yvette Finn a laissé le soin à un autre tribunal de statuer sur une éventuelle compensation financière que le coupable pourrait avoir à payer aux victimes.
Randy Van Horlick a été emporté par des shérifs suite à l’imposition de sa peine.

Un soulagement prudent

Les deux victimes ont exprimé un soulagement mitigé aux médias à leur sortie du palais de justice vendredi.

Natasha Poirier a dit qu’elle était soulagée «un petit peu», mais que son agresseur ne passerait pas beaucoup de temps derrière les barreaux.

Sa collègue Teresa Thibeault a aussi commenté qu’elle n’était pas convaincue qu’une peine de six mois d’emprisonnement soit suffisante pour dissuader ce genre de crime.

L’infirmière Teresa Thibeault a exprimé un soulagement mitigé après l’imposition d’une peine d’emprisonnement de six mois pour son agresseur Randy Van Horlick. – Acadie Nouvelle: Alexandre Boudreau

«J’aurais aimé que ça soit consécutif,  donc ça aurait été au moins 12 mois. Mais c’est fini pour tout de suite, on va continuer à avancer avec notre vie et on va espérer que ça ne nous revienne pas dans le futur.»

L’infirmière explique qu’elle a quitté Moncton depuis l’incident et qu’elle travaille maintenant dans le nord-ouest de la province. Malgré cela, elle ressent toujours du stress au travail et elle est souvent en état d’alerte depuis l’agression.

«Il est en prison, il ne peut rien me faire en prison, mais quand il va être en probation, je serai stressée. C’est inconfortable. S’il avait au moins démontré des remords… mais il n’est aucunement capable d’accepter ça. Ça veut dire qu’il pourrait revenir faire mal à quelqu’un n’importe quand.»

Les faits

Avant d’imposer son verdict, la juge Yvette Finn a relaté les faits de l’agression.

Catherine Van Horlick, épouse de Randy Van Horlick, était une patiente du CHU Dumont et souffrait d’infections et de graves crises d’épilepsie. Elle est finalement décédée en décembre 2019.

Lors de son séjour à l’hôpital, Mme Van Horlick avait été placée dans une chambre près du bureau des infirmières afin qu’elles puissent garder un œil sur sa santé. M. Van Horlick croyait plutôt que le va-et-vient près de la chambre allait précipiter d’autres crises.

Le 11 mars 2019, Randy Van Horlick est entré dans le bureau de l’infirmière gestionnaire Natasha Poirier pour lui demander que sa femme soit déplacée dans une autre chambre.

N’ayant pas immédiatement obtenu ce qu’il voulait auprès de Natasha Poirier, il s’est levé de sa chaise et l’a empoignée par les cheveux.

Il lui a alors tordu le bras vers l’arrière plusieurs fois, et lui a tordu trois doigts.

Elle a tenté d’appeler à l’aide, puis il a commencé à la frapper sur la tempe gauche à plusieurs reprises.

Elle est tombée à genoux. Van Horlick l’a ramassée puis l’a lancée contre le mur deux fois avant qu’elle tombe à genoux de nouveau.

Elle a continué à crier et Van Horlick l’a alors frappée à deux reprises au nez.

Natasha Poirier a ensuite entendu une femme s’exclamer «arrête, laisse-la aller». C’était l’infirmière Teresa Thibeault qui tentait de lui venir en aide, mais sans succès; l’agresseur était plus fort qu’elle et l’a repoussée à deux reprises.

La troisième fois qu’elle a tenté d’aider, Van Horlick lui a tordu le bras à elle aussi.

Peu de temps après, il a recommencé à frapper Natasha Poirier à la tête en la tenant par les cheveux. C’est à ce moment-là que Guy Cormier, un autre infirmier, est entré dans la pièce pour mettre fin à l’attaque.