La Coop de Dieppe tire son épingle du jeu dans un marché très concurrentiel

Contrairement à certaines régions rurales où il y a peu d’options pour faire ses courses, les résidents du Grand Moncton ont l’embarras du choix. Malgré tout, le marché d’alimentation Coop IGA de Dieppe continue de tirer son épingle du jeu et affiche un surplus budgétaire de près d’un demi-million de dollars.

Il y a plusieurs supermarchés dans la région de Dieppe – le centre commercial CF Champlain, situé à 10 minutes de route à peine de la coopérative, abrite un Walmart et un Sobeys. Il y a également plusieurs épiceries sous d’autres bannières nationales à Moncton. Mais cela  n’empêche pas la Coop IGA de faire des surplus budgétaires depuis trois ans.

Les problèmes financiers qui menaçaient les coopératives alimentaires il y a quelques années sont maintenant chose du passé, selon son directeur général, Raymond Melanson.

Ouvert en 2007, ce commerce a enregistré des déficits au cours des neuf années suivantes, et n’est devenu rentable qu’il y a deux ans. Depuis, les succès s’accumulent.

La coop affiche un surplus de 465 000$ pour l’année financière qui s’est terminée en janvier 2020, une évaluation qui a pris plus de temps que prévu en raison de la pandémie.

Les surplus étaient de 329 000$ en 2019 et de 9000$ en 2018.

Comment cette coopérative réussit-elle à faire croître son surplus budgétaire d’année en année?

«C’est comme une bonne recette, ça prend tous les bons ingrédients. Je pense qu’on a tous les bons ingrédients pour connaître du succès», mentionne Raymond Melanson.

Il estime que la croissance démographique de Dieppe contribue beaucoup à son chiffre d’affaires, qui a dépassé les 27 millions $ lors du dernier exercice financier.

Il vante le service à la clientèle et affirme aussi que l’emplacement géographique de l’épicerie est un facteur de croissance. La coop est située un peu à l’écart du centre-ville de Moncton et de CF Champlain, et attire ainsi plus facilement la clientèle des zones résidentielles et des banlieues de la ville.

De plus, il croit qu’une partie de cette clientèle recherche des produits qui peuvent être difficiles à trouver ailleurs. Selon lui, cette «exclusivité» est un atout pour la coopérative.

«On est dans un secteur où il y a beaucoup de jeunes professionnels, c’est un facteur important. Les jeunes professionnels, ou des gens qui ont des revenus supérieurs à la moyenne, peuvent peut-être se permettre d’acheter des produits plus haut de gamme.»

Certaines personnes veulent avoir accès à des produits exotiques pour épater la galerie, dit-il, comme de la viande de crocodile ou de kangourou – que l’on peut retrouver sur les étagères de surgelés de la coopérative.

Des épiceries en santé 

Même si les effets de la pandémie ne se reflètent pas encore dans les états financiers vérifiés en janvier 2020, le directeur général avance quelques prévisions.

Malgré la pandémie et les multiples changements de phase de rétablissement survenus dans le sud-est de la province, les épiceries d’à peu près toutes les bannières se tirent bien d’affaires.

Les dépenses réalisées pour acheter de l’équipement de protection personnel, des écrans de plexiglas et pour mettre en place d’autres mesures préventives n’ont pas effacé les profits réalisés dans la «nouvelle réalité» – plus de gens restent à la maison et cuisinent chez eux.

«La pandémie a affecté tous les commerces, mais je n’ai pas parlé à beaucoup d’épiciers qui ont connu une décroissance de ventes. On a tous eu une croissance supérieure à ce qu’on aurait eu autrement – malheureusement, au détriment de d’autres commerces», explique Raymond Melanson.