Michel Doucet et Lorio Roy admis à l’Ordre du Canada

Michel Doucet, grand défenseur des droits linguistiques, et Lorio Roy, champion de l’éducation postsecondaire, figurent parmi les 114 nouveaux récipiendaires de l’Ordre du Canada, l’une des plus prestigieuses distinctions honorifiques civiles au pays.

Lorio Roy se voit nominé au rang de membre «pour son engagement soutenu dans l’amélioration de l’éducation postsecondaire et pour son dévouement auprès de la communauté acadienne», tandis que Me Doucet devient membre de l’Ordre, «pour avoir consacré sa vie à faire respecter le français comme langue officielle et pour sa défense des droits linguistiques».

Interrogés par l’Acadie Nouvelle, l’un comme l’autre n’ont pas caché leur surprise.

Titulaire d’une maîtrise en psychologie de l’Université de Moncton et d’une maîtrise en administration publique de l’École d’administration publique de Québec, M. Roy a entamé sa carrière professionnelle en tant que directeur du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick et sous ministre adjoint responsable des Collèges communautaires francophones du Nouveau-Brunswick de 1979 à 1988.

La même année, il devient le secrétaire général de Coop Atlantique et c’est en tant que vice-président, commercialisation et communication qu’il quittera en 1997. En 1998, M. Roy devient éditeur et directeur général de l’Acadie Nouvelle et directeur d’Acadie Presse, poste qu’il conservera jusqu’en 2006.

Lorio Roy, en 2003, lors du lancement de l’édition du samedi de l’Acadie Nouvelle. – Archives

Reconnaissant de recevoir les honneurs aujourd’hui, Lorio Roy admet avoir été toujours bien entouré.

«Je pense aux personnes avec qui j’ai travaillé, comme professionnel et comme bénévole. Ce sont ces personnes qui ont fait que mes interventions ont eu une influence», confie-t-il.

Depuis, le citoyen reconnu dans la région Chaleur est demeuré très actif. Il a notamment présidé le comité de transition qui a été mis en place dix ans avant la fermeture de la mine Brunswick, en 2013, et s’est impliqué comme président de la Fondation du Collège de Bathurst et membre du conseil d’administration de l’Administration portuaire de Belledune.

De ses années d’engagement, il retient avant tout «l’extraordinaire capacité que les communautés se donnent pour trouver des solutions». Si les traitements oncologiques l’obligent désormais à ralentir, Lorio Roy place toute sa confiance dans la jeunesse et affiche son optimisme pour l’avenir de sa région.

«Je suis épaté de voir les jeunes qui nous ont poussé, ils sont bien équipés, de l’énergie à revendre et n’ont pas peur d’essayer des choses nouvelles», lance-t-il.

Défendeur des minorités francophones

Avocat et ancien professeur de droit spécialisé dans les questions linguistiques, l’Acadien Michel Doucet a maintes fois défendu la cause de minorités francophones, devant les tribunaux, mais aussi lors de prises de position publiques.

Cette distinction nationale est pour lui un «grand honneur».

«C’est important sur le plan personnel mais aussi pour tous ceux qui, dans la Francophonie canadienne, travaillent pour l’égalité des communautés linguistiques et l’avancement des droits des francophones. C’est une reconnaissance que je partage avec toutes ces personnes», déclare-t-il.

«Souvent, on fait le travail dans l’ombre, chaque reconnaissance nous donne de l’élan et l’envie de continuer.»

À la nouvelle génération, il demande une vigilance constante sur les dossiers linguistiques. «Après avoir milité depuis mon adolescence en faveur des droits linguistiques, j’ai appris qu’aucun droit n’est acquis. Rien n’est coulé dans le ciment. Il faut toujours être vigilant pour s’assurer que nos droits soient respectés.»

Parmi les accomplissements dont il est le plus fier, M. Doucet cite la création du Centre international de la common law en français, dont il a été le directeur de 1989 à 1995. Il a également participé à la création de l’Observatoire international des droits linguistiques de la Faculté de droit, dont il a été le directeur du 1er janvier 2010 jusqu’à sa retraite en 2017. Michel Doucet a été, de 1995 à 2000, doyen de la Faculté de droit de l’Université de Moncton.

Sa pratique active du droit l’a amené à plaider devant de nombreux tribunaux canadiens dans différentes provinces ainsi que devant la Cour suprême du Canada, notamment pour réclamer des services de police disponibles dans les deux langues officielles, l’amélioration de l’offre en français d’Ambulance NB ou contester la refonte de la circonscription d’Acadie-Bathurst.

Créé en 1967, l’Ordre du Canada reconnaît des réalisations exceptionnelles, le dévouement remarquable d’une personne envers la communauté ou une contribution extraordinaire à la nation. Une cérémonie de remise des médailles aura lieu à une date ultérieure.