COVID-19: le congé des Fêtes pourrait être prolongé dans les écoles

Les recherches menées par la Santé publique ont permis d’établir qu’un seul et même événement organisé dans la région de Saint Jean, et qui s’est déroulé à deux endroits au cours d’une même soirée, est la source de plus de 80% des cas diagnostiqués récemment dans la zone 2.

Un porteur du virus asymptomatique y aurait contaminé 34 participants, et 26 autres personnes auraient ensuite été contaminées de manière indirecte.

Pour la médecin-hygiéniste en chef, cet épisode démontre l’importance de porter le masque et de maintenir une distance physique en tout temps dans les endroits publics.

«Il n’est pas possible de savoir qui est porteur du virus, il est donc préférable de supposer à tout moment que tout le monde autour de vous est infecté et d’agir en conséquence.»

Elle refuse toutefois de fournir plus de détails quant à la nature de l’événement et de révéler si les protocoles ont été respectés ou s’il y a eu sanctions. «Nous avons toujours su qu’il y avait des risques avec des événements intérieurs comme les mariages, les funérailles et les buffets de nourriture», a-t-elle indiqué.

«Nous ne voulons pas jeter le blâme sur personne, mais c’est une expérience de laquelle on peut apprendre.»

La province a signalé sept nouveaux cas de COVID-19 mardi, quatre sont situés dans la zone 2 (région de Saint John) et trois cas proviennent de la zone 3 (région de Fredericton). Il y a maintenant 72 cas actifs dans la région de Saint-Jean, mais toutes les contaminations ont pu être reliées les unes aux autres.

Il y a 116 cas actifs au Nouveau-Brunswick, et aucun d’entre eux n’est hospitalisé. Autre signal positif, la transmission communautaire – c’est-à-dire lorsqu’il n’y a aucun lien défini entre un nouveau cas et les cas existants dans la région – reste relativement rare: elle représente seulement 3% des cas confirmés jusqu’à maintenant. Près de 2 000 personnes sont en isolement préventif à l’heure actuelle.

La Dre Jennifer Russell juge qu’il est trop tôt pour déterminer quand les régions de Moncton, de Saint-Jean et de Fredericton pourront retourner en phase jaune.

«Nous faisons des progrès en vue de ramener les zones 1, 2 et 3 dans la phase jaune du plan de rétablissement, mais nous avons encore du chemin à faire», a-t-elle déclaré.

«Nous aurions eu davantage de chagrin, de maladies et de décès sans les efforts inlassables déployés par les gens du Nouveau-Brunswick afin de respecter les conseils de santé publique pour ralentir la propagation de ce virus.»

Son équipe se penche actuellement sur la mise à jour des consignes sanitaires en vue des fêtes de fin d’année.

Dominic Cardy déterminé à maintenir les écoles ouvertes

Le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy, évoque la possibilité d’une prolongation de la période de vacances des Fêtes prévue du 18 décembre au 3 janvier. Cela permettrait au personnel scolaire, très sollicité depuis la rentrée, de souffler.

«Beaucoup d’enseignants me répètent qu’à la fin novembre ils se sentent comme s’ils étaient au mois de juin, je le comprends», rapporte le politicien. Une décision sur le sujet pourrait être prise au cours des prochains jours.

Pour le moment, des cas de COVID-19 ont été recensés dans huit écoles et deux garderies. Aucun établissement scolaire du système scolaire francophone n’a eu à gérer d’éclosion dans ses murs.

M. Cardy a répété que la fermeture d’écoles n’est pas à l’ordre du jour, rappelant les dommages causés par une interruption des apprentissages. Les parents devraient continuer d’envoyer leurs enfants à l’école, ajoute le ministre.

«Notre plan a fonctionné jusqu’à présent et nous avons réussi à maintenir les éclosions sous contrôle. Nous n’avons pas eu d’éclosions de grande ampleur reliées aux écoles», souligne-t-il.

En phase orange, les activités parascolaires – y compris les sports interscolaires – restent limitées aux entraînements et aux exercices d’apprentissage au sein d’une même équipe. M. Cardy encourage les enseignants de cours d’éducation physique à mettre l’accent sur des activités qui peuvent se pratiquer en respectant la distanciation physique, comme le yoga, la danse et la marche modérée.

Un système de santé vulnérable

La pandémie met à mal la capacité du système de santé à préserver ses services, s’inquiète la présidente-directrice générale du Réseau de santé Horizon, Karen McGrath.

Une centaine d’employés de la régie anglophone sont actuellement placés en isolement et une cinquantaine de leurs collègues ont été redéployés dans les centres de dépistage COVID-19 ou pour aider à lutter contre des éclosions comme celle du foyer de soins Shannex Parkland à Saint Jean.

L’effet domino s’enclenche alors: chaque absence conduit à des dizaines de rendez-vous annulés, ce qui entraîne à des «pressions» dans les salles d’urgence et les cliniques de dialyse. Plusieurs opérations non urgentes ont dû être reportées.

«Il n’y a pas de solution magique quand vous retirez des douzaines de personnes d’équipes qui étaient déjà sollicitées jusqu’à l’extrême limite», note la PDG d’Horizon. «Le manque de personnel, le manque de lits et le manque de ressources n’ont fait que s’amplifier pendant la pandémie.»

Mme McGrath rappelle aux citoyens qui souffrent de problèmes de santé non urgents de ne pas se rendre aux urgences, dont le fonctionnement habituel est perturbé par les nouveaux protocoles sanitaires.

Chaque hôpital est tenu de réserver au moins six lits, dont trois en soins intensifs en cas d’admission de patients atteints de la COVID-19. Pour le moment, la province a échappé aux vagues d’hospitalisation, mais le système de santé reste très fragile, prévient Karen McGrath.

«Il n’en faudrait pas beaucoup pour être débordé. Huit ou neuf hospitalisations dans un établissement nous mettraient en difficulté.»