Une assurance auto «sur mesure» à payer selon le kilométrage: avantageuse?

L’assureur CAA Atlantique a lancé un programme d’assurance automobile qui a des allures de forfait de téléphone sans fil. Est-ce avantageux pour les consommateurs?

Ce type d’assurance, qui a fait son entrée au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse le 1er décembre, était déjà disponible en Ontario depuis mai 2018. Il sera disponible à l’Île-du-Prince-Édouard à partir du 21 février, selon CAA.

L’assurance MyPace, que le fournisseur qualifie de «pay as you go» (payez au fur et à mesure), permet de facturer le client en fonction de la distance parcourue en tranches de 1000 kilomètres, en plus d’un frais de base.

En bref, un appareil informatique connecté au véhicule note le kilométrage et transmet cette information à une application web.

Cette application peut avertir le client lorsqu’il s’approche du seuil des 1000 kilomètres. S’il le dépasse, le système amorce une nouvelle tranche de 1000 kilomètres et le client est facturé en fonction de la distance parcourue.

Le programme d’assurance s’adresse aux personnes qui conduisent moins de 9000 kilomètres par an – soit parce qu’elles travaillent de la maison pendant la pandémie, soit parce qu’elles ne conduisent pas fréquemment.

Amanda Dean, vice-présidente de l’Atlantique du Bureau d’assurance du Canada, affirme que le modèle basé sur le kilométrage peut être avantageux pour le client, surtout à cause du fait que plusieurs personnes conduisent moins pendant la pandémie.

La porte-parole de ce regroupement de fournisseurs d’assurance explique que ses membres ne pouvaient pas offrir ce genre de protection jusqu’à tout récemment au Nouveau-Brunswick, car les règles régissant la modification des tarifs d’assurance automobile ne le permettaient pas.

Elle témoigne que plusieurs assureurs ont déjà fait preuve d’un certain intérêt pour ce genre de modèle.

«C’est quelque chose que les assureurs voulaient pouvoir offrir depuis longtemps parce que des clients le réclamaient», estime-t-elle.

Elle dit qu’elle ne serait pas surprise si d’autres fournisseurs d’assurance en venaient à adopter un modèle semblable.

Michèle Pelletier, la défenseure du consommateur en matière d’assurance du N.-B., croit elle aussi que ce genre de forfait peut mener à des économies – mais tout dépend du style de vie du client et de la région dans laquelle il vit.

Il ne s’agira peut-être pas d’une bonne solution pour toute la population du Nouveau-Brunswick, une province qui comporte beaucoup de régions rurales.

«Si je vis en milieu rural, je ne suis pas certaine que je vais être capable de bénéficier de cela. Même si je travaille de la maison, je fais quand même plus de 9000 kilomètres par année pour me rendre à l’épicerie», dit-elle en guise d’exemple.

Elle affirme toutefois que les automobilistes qui vivent en milieu urbain pourraient y trouver un avantage.

«L’expérience en Ontario semblait vraiment démontrer qu’il y avait une réduction dans les primes.»

Elle encourage les gens à évaluer leurs besoins en matière de kilométrage pour déterminer si ce genre de programme s’adresse à eux.