Crise du logement: une nouvelle coalition «pour les locataires, par les locataires»

Une nouvelle coalition de locataires souhaite changer le cadre législatif en matière de logement locatif au Nouveau-Brunswick dans la foulée de ce que plusieurs qualifient de crise du logement dans la province.

Selon Aditya Rao, la pandémie de COVID-19 a «mis en évidence» de nombreuses «inégalités sociales» au Nouveau-Brunswick, dont celles concernant le logement.

L’avocat de Fredericton est l’un des organisateurs de la Coalition pour les droits des locataires au Nouveau-Brunswick.

«Nous sommes des locataires qui vivent partout dans la province. Nous voulons être une voix pour les locataires, par les locataires», explique-t-il.

La coalition veut se faire entendre parce que les locataires néo-brunswickois ne bénéficient d’à peu près aucune protection en comparaison aux régimes en vigueur dans plusieurs autres provinces, souligne M. Rao.

Par exemple, il est beaucoup question de contrôle des loyers récemment alors que se multiplient les témoignages de locataires aux prises avec des augmentations de loyer qui dépassent largement le taux d’inflation.

Dans d’autres provinces comme en Ontario, au Québec et à l’Île-du-Prince-Édouard, l’augmentation des loyers est réglementée par le gouvernement.

La Coalition pour les droits des locataires veut cependant aller bien au-delà du contrôle des loyers. L’organisme souhaite notamment faire reconnaître le droit au logement en général.

«Nous devons traiter le logement différemment de la simple marchandise, avance M. Rao. Nous voulons changer le cadre législatif concernant le logement locatif.»

Le groupe veut faire reconnaître le droit au maintien dans les lieux pour les locataires. Ce droit qui existe dans d’autres provinces empêche les propriétaires d’expulser leurs locataires à la fin de leur bail sans avoir une très, très bonne raison.

Les parents qui tentent de louer un logement devraient aussi avoir davantage de recours contre les propriétaires qui refusent de louer à des familles avec de jeunes enfants, soutient Aditya Rao.

La coalition est toujours à la recherche de nouveaux membres. Ceux-ci peuvent s’inscrire en visitant le site web partiellement bilingue de la coalition (nbtenants.ca).

Le groupe a également mis sur pied une campagne d’envois de courriels aux députés provinciaux pour les convaincre de suspendre à nouveau les expulsions des locataires durant la deuxième vague de la pandémie de COVID-19.

«S’assurer que tout le monde a un toit au-dessus de la tête est un déterminant social essentiel de la santé. Et pendant une pandémie, c’est essentiel pour la santé publique», peut-on lire dans le modèle de courriel suggéré par la coalition.

La main invisible du marché…

Jusqu’ici, le gouvernement du Nouveau-Brunswick préfère laisser la main invisible du marché s’occuper de réglementer l’industrie du logement locatif.

Les progressistes-conservateurs, qui sont majoritaires à l’Assemblée législative, sont notamment opposés au contrôle des loyers appuyé par le Parti libéral et le Parti vert.

Le premier ministre Blaine Higgs rejette aussi l’idée d’imposer un nouveau moratoire sur les expulsions des locataires comme il l’avait fait durant les trois premiers mois de la pandémie.

«Les propriétaires nous disent qu’en général les augmentations de loyer sont basses», a-t-il confié cette semaine.

«Nous allons analyser ça avant de réagir avec une politique qui était peut-être nécessaire ailleurs, mais qui n’est peut-être pas nécessaire ici.»

Le nombre d’expulsions est en baisse cette année par rapport à l’année précédente, a-t-il ajouté.