Tour de communication: le propriétaire poursuit la Municipalité régionale de Tracadie

Frank Wilson McLaughlin fait appel à la Cour du banc de la Reine pour empêcher la Municipalité régionale de Tracadie de démanteler la tour de communication de radio amateur située dans le secteur de Saumarez. Dans un document légal dont l’Acadie Nouvelle a obtenu copie, la cause doit être entendue devant le tribunal le 4 mars 2021.

M. McLaughlin se dit le seul propriétaire de cette structure qui sème la controverse dans la Ville depuis quatre ans. Dans l’affidavit déposé le 13 novembre au tribunal à Bathurst, il demande à la Cour «d’ordonner à la Ville de Tracadie défense et arrêt (sic) du démantèlement de la tour de communication de radio amateur située sur le chemin Saulnier Ouest, à la hauteur de la voie d’évitement dans le secteur de Saumarez».

La Municipalité régionale de Tracadie étudie actuellement la possibilité de démonter cette infrastructure qui n’est toujours pas en fonction. Le maire Denis Losier a demandé des estimations pour ces travaux et le conseil pourrait voter une résolution de démolition à sa prochaine réunion publique, prévue le 14 décembre.

Selon la Ville, cette tour de communication a déjà coûté plus de 120 000$. Au départ, on parlait d’une dépense de 45 000$, partagée entre la Société de développement régional (25 000$) et la MRT (20 000$). Toujours selon la municipalité, il faudrait encore un investissement de 70 000$ pour la rendre fonctionnelle et sécuritaire, alors que le promoteur parle plutôt de 6000$.

La MRT s’est récemment munie d’un système de communication d’urgence par radio satellite (système de radiocommunications mobiles à ressources partagées mieux connu sous l’appellation TMR: trunked mobile radio) au coût de plus de 100 000$. Cela rend quasiment inutile cette tour pour radio amateur, a évalué le maire Denis Losier.

L’affidavit de M. McLaughlin indique que le Club Radioamateur de la Péninsule s’apprêtait à offrir un service de communication d’urgence pour aider le Grand Tracadie et toute la région. Le plaignant stipule que le transfert de cette tour, autrefois dans la région de l’île Miscou, lui a été accordé au coût de 1$, en présence de témoins, le 16 juin 2014.

À cette époque, il précise que le maire Aldéoda Losier, le directeur général Denis Poirier et «le conseil municipal étaient enchantés d’apprendre qu’une tour de communication d’urgence allait possiblement être installée à Tracadie», en poursuivant qu’il a fait une présentation devant les élus 10 jours avant dans le but de trouver un endroit dans le Grand Tracadie-Sheila pour y installer cette tour.

«Il y a controverse comme quoi le final peut atteindre les 75 000$. C’est ridicule puisque tout est terminé et prêt à mettre en fonction (…) Nous avons tout l’équipement neuf et nécessaire pour la mise en marche. Est-ce que nous allons mettre aux poubelles tout ce bel équipement? J’en doute (…) Je ne demande qu’un peu de raisonnement de la part du conseil», exige le plaignant, qui affirme également que le système de radio amateur est l’idéal pour relier tout le monde.

En spécifiant qu’un tel équipement aurait coûté 230 000$ à l’état neuf, M. McLaughlin rappelle que cette tour sera gratuite pour tous ses utilisateurs.

«Il y a un but derrière ça. La communication radio amateur sera toujours au service pour aider les communautés. Si les systèmes satellites tombaient en panne majeure, la radio amateur sera toujours disponible comme relais. Je demande que l’on puisse mettre nos différends de côté», propose celui qui demande également à la MRT de rembourser les sommes personnelles investies dans le projet.

«Je termine en disant que le démantèlement de cette tour ne doit pas avoir lieu. J’en suis toujours le propriétaire pour l’instant. Cette tour doit servir à l’aide du public», a conclu M. McLaughlin, en ajoutant quelques documents à ce dossier pour les besoins de la Cour du banc de la Reine.

Le maire Denis Losier a dit ne pas être surpris de cette procédure et se demande si ce n’est pas une stratégie afin de ralentir le processus jusqu’à l’arrivée d’un nouveau conseil municipal, en mai, qui accorderait alors le droit de compléter cette tour.

Il est aussi en attente d’une demande d’accès à l’information dans ce dossier qui lui révélerait où sont allés les fonds publics investis dans ce projet.

«Nous allons laisser la justice faire son travail. Cependant, nous n’avons pas réservé un sou dans le budget de 2021 pour terminer cette tour. Le conseil municipal a les pleins pouvoirs de cesser d’investir dans cette tour et de la mettre à terre. Nous ne sommes pas censés nous faire dicter des choses par un citoyen», a-t-il établi, en ajoutant que le point sera discuté à huis clos à la réunion du comité plénier de la ville, lundi.

Le journal a tenté de joindre M. McLaughlin, sans succès pour le moment.