Hausse de loyer de plus de 400$: «C’est ridicule»  

Une étudiante qui habite près de la rue St. George à Moncton a été surprise d’apprendre que son loyer mensuel augmenterait de 865$ à 1100$ et qu’elle devrait désormais payer le chauffage et l’électricité de son appartement à partir du 1er mars.

Véronique LeBlanc habite dans cet appartement depuis environ trois ans, et les augmentations de loyer ont été rares.

Le 2 décembre, elle a été estomaquée de recevoir une lettre l’avertissant d’une augmentation de 235$ de son loyer, et du fait que l’électricité et le chauffage ne seraient plus couverts par le paiement mensuel, sans plus de détails.

Véronique LeBlanc, une infirmière immatriculée, est étudiante à temps plein en maîtrise des services de santé à l’Université de Moncton et elle n’a pas d’emploi. Son seul revenu provient de ses prêts étudiants, qui ne seront pas ajustés cette année en fonction de son nouveau loyer.

Ayant contacté Énergie NB pour avoir une idée du coût de l’électricité et du chauffage dans son appartement, elle calcule que ce coût, en plus de l’augmentation du loyer, équivaut à une dépense supplémentaire d’environ 435$ par mois.

«(Le loyer était) quelque chose qui restait stable. On comprend qu’avec la situation de la COVID-19, les loyers peuvent augmenter, mais on ne s’attendait pas à un gros (bond), on croyait qu’on allait peut-être avoir une augmentation d’une centaine de dollars. Il faut recalculer tous nos budgets», dit-elle en qualifiant des hausses si élevées de «ridicules».

Exceptionnellement et à la demande de l’étudiante, l’Acadie Nouvelle a accepté de ne pas nommer ou contacter le propriétaire de son logement pour éviter d’empirer une situation déjà tendue.

L’avis d’augmentation de loyer envoyé à Véronique LeBlanc. – Capture d’écran

Peu de protections

Au Nouveau-Brunswick, aucune loi ne plafonne l’augmentation des loyers, et aucune protection supplémentaire n’existe pour les locataires en temps de pandémie.

Une interdiction d’expulser des locataires s’ils ne paient pas leur loyer figurait dans la déclaration de l’état d’urgence du Nouveau-Brunswick depuis le 19 mars, mais cette protection a été retirée le 31 mai.

L’augmentation de loyer de Véronique LeBlanc n’est pas isolée. D’autres médias ont rapporté plusieurs augmentations de loyers de plusieurs centaines de dollars dans le Grand Moncton et ailleurs au cours des derniers mois.

À cause de la pandémie, la Nouvelle-Écosse a mis en place un plafond de 2% par année pour l’augmentation des loyers. La Colombie-Britannique, elle, a prolongé son gel des loyers jusqu’en juillet 2021.

Mais le premier ministre Blaine Higgs doute de la nécessité de protections similaires au N.-B.

Lors d’un point de presse sur la COVID-19 jeudi, le premier ministre a dit qu’il voulait comprendre «les faits de la situation» avant de réagir avec une politique «qui a peut-être été nécessaire ailleurs mais qui ne l’est peut-être pas ici.»

Il a aussi mentionné que le nombre de demandes d’expulsion de logement était bas cette année – le nombre était de 1688 en 2018, de 2518 en 2019 et de 1525 pour les 10 premiers mois de 2020.

Il n’a toutefois pas rappelé que les expulsions pour loyer impayé étaient interdites du 19 mars au 31 mai 2020, et que ce chiffre ne couvre donc que 7 mois de l’année et des poussières. Cela ne comprend pas non plus les «rénovictions», soit l’expulsion de locataires dans le but de rénover l’appartement.

Blaine Higgs a dit qu’il s’attend à ce que les propriétaires de logements «fassent la bonne chose» pendant la pandémie.

Il a dit avoir discuté avec des propriétaires de logement, qui lui ont dit que les augmentations de loyer sont généralement basses.