Le huis clos aide à prévenir la partisanerie, tranche Blaine Higgs

Un important comité législatif doit continuer à se réunir à huis clos afin d’éviter un excès de partisanerie qui pourrait nuire à ses travaux, selon Blaine Higgs.

L’opposition officielle veut mettre fin au secret dans la plupart des cas au comité d’administration de l’Assemblée législative.

Selon le chef par intérim du Parti libéral, Roger Melanson, il est temps que le comité fasse preuve de «plus d’ouverture et de transparence».

Contrairement aux autres comités législatifs, le comité chargé de la gestion et du fonctionnement de l’Assemblée se réunit généralement derrière des portes de closes et ses décisions sont rarement rendues publiques.

«Nous vivons dans une époque où les gens veulent avoir beaucoup plus de transparence et d’information», souligne M. Melanson.

Il a déposé une motion, mercredi, pour que l’Assemblée demande à son président d’ouvrir les réunions du comité d’administration au public et aux médias.

La motion dont devraient débattre les députés le 17 décembre prévoit aussi que le comité continuera à se réunir à huis clos pour discuter de questions confidentielles comme les dossiers de ressources humaines.

La motion du Parti libéral risque toutefois d’être défaite par la majorité progressiste-conservatrice puisque le premier ministre doute sérieusement de sa pertinence.

Blaine Higgs craint que les membres du comité soient beaucoup plus partisans et aient davantage de difficultés à s’entendre si ces rencontres ont lieu au grand jour.

«Je ne suis pas convaincu que ça améliorerait le processus», avance-t-il.

«Ce comité composé de plusieurs partis doit être capable d’avoir des discussions franches et ouvertes sans que ça se transforme en une sorte d’événement public utilisé par les partis de l’opposition ou le gouvernement comme plateforme pour marquer des points (politiques).»

Les réunions des autres comités législatifs qui se déroulent en public ressemblent déjà trop à un exercice partisan et peu productif comme la période de questions, déplore M. Higgs.

Certains députés qui sont tout à fait raisonnables en privé deviennent des personnes très différentes en public, affirme-t-il.

Roger Melanson n’est pas d’accord avec la façon dont le premier ministre caractérise les députés et leur attitude devant un public.

«J’ai entendu dire des commentaires selon lesquels il y a des discussions plus franches lorsque c’est à huis clos. Je pense qu’il y a des discussions assez franches sur le plancher de l’Assemblée législative et c’est ouvert au public.»

Le public a été surpris d’apprendre le mois dernier que l’Assemblée législative n’avait toujours pas la technologie nécessaire pour effectuer ses travaux en mode virtuel huit mois après le début de la pandémie de COVID-19.

La question avait pourtant déjà fait l’objet de discussions à huis clos au sein du comité d’administration.

«Pourquoi discuter (de ça) en privé? Il y a des enjeux dont discute le comité que le public devrait connaître si ça l’intéresse», soutient M. Melanson.

Le secret entourant les délibérations sur cette question a notamment empêché le public de savoir que certains élus étaient réfractaires à l’idée de siéger en mode partiellement virtuel.

Les élus du Parti vert souhaitent eux aussi que le comité d’administration cesse de se rencontrer systématiquement derrière des portes closes.

«Je suis très content de voir cette motion. C’est très important d’avoir la plupart des discussions, des débats et des décisions du comité en public», estime le chef des verts, David Coon.