L’immigration étudiante un peu facilitée au N.-B.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a facilité un peu le processus d’immigration pour les étudiants étrangers de la province à la fin du mois dernier.

Il leur a permis de postuler à la résidence permanente par son Programme des candidats avant qu’ils aient obtenu leur diplôme postsecondaire canadien.

Fredericton a indiqué avoir pris cette décision en fonction de la capacité du programme et de ses priorités économiques, sans plus de précisions.

L’obtention d’une désignation par le gouvernement provincial favorise de beaucoup la demande de visa d’un potentiel immigrant auprès du ministère fédéral de l’Immigration.

«Je suis vraiment content de cette décision, a commenté le président de l’association des étudiants internationaux de l’Université de Moncton, Mohamed Bouya Ely Vall. J’espère qu’il y en aura d’autres qui ressembleront à ça.»

Situation gagnant-gagnant

M. Bouya Ely Vall se réjouit de cette situation gagnant-gagnant qui permettra à ses homologues d’obtenir plus facilement une résidence permanente au Nouveau-Brunswick et au gouvernement d’améliorer la rétention de ceux-ci.

«J’ai vu beaucoup de joie et de partage dans les réseaux sociaux», constate-t-il d’ailleurs à propos de l’effet de la nouvelle parmi ses camarades.

Pour obtenir la désignation de Fredericton, un étudiant étranger doit cependant toujours se prévaloir d’une expérience de travail au Canada.

«C’est un défi, commente la directrice adjointe du Conseil multiculturel du Nouveau-Brunswick, Ginette Gautreau. Il y a les difficultés de se créer un réseau et d’avoir un bon niveau de bilinguisme, qui est souvent demandé sur le marché du travail à Moncton.»

Difficultés persistantes

Pour accéder au Programme des candidats du Nouveau-Brunswick, un étudiant international doit de plus avoir occupé pendant 12 mois consécutifs des postes de gestion (directeur de restaurant, par exemple), un emploi requérant un diplôme universitaire (médecin, par exemple) ou une formation d’apprenti (électricien, par exemple).

«En tant qu’étudiant, c’est difficile d’avoir des expériences dans ces domaines-là, relève M. Bouya Ely Vall. Ce n’est pas les emplois que les étudiants occupent souvent, comme dans les centres d’appels.»

Une équipe de chercheurs de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques (ICRML) a indiqué qu’un programme communautaire coordonné par le CAFI favorisait la réussite professionnelle des étudiants internationaux francophones dans la région du Grand Moncton.

Bassin d’immigrants prometteur

Les participants peuvent notamment recevoir des formations en anglais, avoir un meilleur accès à de la formation professionnelle et prendre part à des activités d’intégration sociale et de jumelage, selon un rapport remis à la SNA en janvier.

Le groupe dirigé par le professeur à l’Université de Moncton, Christophe Traisnel a jugé que les étudiants étrangers constituaient un bassin d’immigrants francophones potentiels très prometteur.

«Nous estimons que les résidents non permanents, dont en bonne partie les étudiants étrangers, ont constitué environ le tiers des nouveaux immigrants francophones en Atlantique», ont noté les chercheurs.