Des enquêtes sur les morts de sept enfants en 2020 au Nouveau-Brunswick

Le Comité d’examen des décès d’enfants a effectué sept enquêtes en 2020, concernant des mineurs recevant des services du ministère du Développement social. Ce chiffre vient de la compilation de communiqués gouvernementaux, tous publiés en décembre et en novembre.

L’équipe présidée par le coroner en chef adjoint du Nouveau-Brunswick a dû examiner les circonstances des décès pendant les 12 mois qui les ont précédés. Elle a fourni des recommandations dans certains cas, pour éviter qu’ils se reproduisent.

Complications d’une paralysie cérébrale préexistante, incendie d’une maison, accident de la route, asphyxies d’un bébé et d’une adolescente: la plupart des morts n’ont pas fait l’objet de demandes d’amélioration des services du gouvernement. Leurs causes ont presque toutes été qualifiées d’accidentelles.

Le Comité a en revanche formulé une recommandation dans le cas d’une adolescente âgée de 18 ans qui s’est pendue. Il a souhaité que le défenseur des enfants, des jeunes et des aînés du Nouveau-Brunswick étudie l’augmentation des diagnostics multiples chez les adolescents et les traitements médicamenteux connexes.

Travailleurs sociaux surchargés

L’équipe a aussi fait plusieurs requêtes à propos d’un garçon âgé de six mois, qui est décédé de complications découlant d’une encéphalite ainsi que d’un sommeil dangereux, d’une naissance prématurée et d’une petite taille.

«Le ministère du Développement social devrait reconnaître que le nombre de cas est crucial et que la charge de travail devrait donc être réduite pour répondre aux besoins des enfants sous sa protection et à ceux de leur famille», a-t-elle notamment réclamé le 12 novembre.

Le gouvernement a répondu par communiqué qu’il examinait les fonctions administratives susceptibles d’être affectées à d’autres professionnels que les travailleurs sociaux.

Dès 2018, le consultant George Savoury a indiqué dans un rapport que le nombre de dossiers et la charge de travail des employés du système de protection de l’enfance du Nouveau-Brunswick étaient des problèmes essentiels à régler.

Pour montrer que l’inaction serait plus chère que l’embauche de salariés, il a précisé que les coûts liés à chaque décès attribuable aux mauvais traitements à l’égard des enfants sont d’environ 1,3 million $, d’après une étude publiée dans le journal Child Abuse and Neglect.

«Les conséquences humaines et affectives pour la victime, la famille et la collectivité vont au-delà des estimations des coûts», a-t-il ajouté.

Dans un rapport publié en novembre, le défenseur des enfants, des jeunes et des aînés du Nouveau-Brunswick, Norman Bossé a jugé inquiétante la situation familiale des enfants de la province.

«Nous avons constaté une forte hausse annuelle du nombre de nouveaux dossiers auprès des services de protection de l’enfance. Toutefois, cette hausse était à peine plus élevée que la diminution du nombre de dossiers relevant des services d’appui à la famille au cours de la même période», a-t-il notamment indiqué.

M. Bossé a d’ailleurs déclaré à CBC en novembre que les travailleurs sociaux étaient incapables de joindre toutes les familles dont ils étaient responsables à cause de leur charge de travail. Il a précisé que cette situation augmentait les facteurs de risques de décès d’enfants.