Non, le projet d’une autoroute entre Janeville et Bertrand n’est pas mort!

Cela fait déjà plus de 10 ans qu’on en parle, mais la prochaine décennie sera-t-elle où la voie à accès limité reliant Janeville à Bertrand sera enfin réalisée?

Au cours des 20 dernières années, des voies de contournement de la route 11 ont été construites à Tracadie et Caraquet, mais pour plusieurs élus de la Péninsule acadienne et la région Chaleur, la réalisation d’une route entre Janeville et Bertrand reste une priorité.

«Depuis les quatre ou cinq dernières années, ce dossier a été désigné une priorité dans la Péninsule acadienne. Nous sommes l’une des seules régions du Nouveau-Brunswick où il n’y a pas de voie à accès limité (NDLR: une route sur laquelle on ne peut s’engager ou qu’on ne peut quitter qu’aux endroits spécialement prévus à cette fin)», explique Yvon Godin, maire de Bertrand et président du Forum des maires de la Péninsule acadienne.

Les élus de la Péninsule acadienne ont l’intention d’organiser en 2021 un forum sur la ruralité afin de définir un plan stratégique de développement régional avant la fin de la prochaine année. Yvon Godin souhaite que l’importance de cette voie soit réaffirmée lors de cet événement.

«Je pense qu’on aimerait au moins que la première étape soit faite, c’est-à-dire, la réalisation des plans. On ne demande pas d’investissements majeurs, on voudrait simplement que la province reconnaisse que c’est un projet valable pour la Péninsule. Par la suite, on travaillera pour trouver les sous nécessaires. On pense que le fédéral sera là pour nous appuyer et que la province devra suivre.»

Les membres de la Commission de services régionaux Chaleur ont également appuyé ce projet en 2019.

«Nous avons choisi ce projet comme une priorité dans la Péninsule acadienne et à ma surprise, la région Chaleur a aussi pris décidé qu’il était important. Ça fait leur affaire aussi, car si les camions entrent et sortent à Bathurst, ça représente des retombées pour eux. C’est donc un projet rassembleur dans l’ensemble du nord-est du Nouveau-Brunswick.»

Une autre surprise récente. Tout juste avant le congé de Noël, le député fédéral d’Acadie-Bathurst, Serge Cormier a fait une brève mention de ce dossier lors d’une conférence de presse portant sur le Centre régional des générations de Caraquet.

«Je sais que Serge y croit énormément, mais il sait que les projets d’infrastructure majeure passent par le fédéral et la province. Le message que j’entends c’est que lorsque la province sera là, le fédéral le sera aussi.»

«On a besoin de cette infrastructure dans la région, car le Nord-Est est la seule sans une route à accès limité. Le gouvernement fédéral a mis en place des fonds pour ce type de projet, mais il manque, pour le moment, la participation de la province», mentionne Serge Cormier.

Économie et sécurité publique

La principale raison pour laquelle cette route est nécessaire aux yeux des élus et des entrepreneurs est reliée au développement économique de la région.

«Le transport par camion est le seul moyen pour rentrer des biens dans la Péninsule, car nous n’avons pas le service du train ni un aéroport pouvant accommoder de gros avions. L’industrie du camionnage trouve ça difficile de circuler dans la Péninsule acadienne, car il n’y a pas de route à accès limité. Il y a plusieurs endroits où ils doivent ralentir à 70 km/h. Il y a beaucoup de choses qui font en sorte que notre économie en souffre», dit Yvon Godin.

Mais son importance ne se résume pas seulement aux questions économiques, il faut aussi tenir compte de la sécurité publique.

«En 2018, une partie de la route 11, entre Grande-Anse et Janeville, a été fermée à la circulation pendant cinq jours à cause de la poudrerie et de la neige. Nos hôpitaux locaux ont bien joué leur rôle pendant ce temps, mais les ambulances ne pouvaient pas se rendre à l’Hôpital régional Chaleur, à Bathurst.»