Sept entreprises qui ont su tirer le meilleur parti de la pandémie

Du tourisme à la restauration en passant par les transports, l’année 2020 aura frappé durement plusieurs secteurs de l’économie.

Malgré tout, certains n’ont pas hésité à s’adapter aux circonstances, à innover, ou à se lancer en affaires dans un contexte compliqué. Voici sept entreprises qui ont pris des citrons pour en faire de la limonade.

Un nouveau marché pour les distilleurs

Dès le début de la pandémie, la Distillerie Fils du Roy a choisi de réorienter ses activités pour fabriquer de l’antiseptique pour les mains. L’entreprise de Petit-Paquetville en a produit 15 000 litres en neuf jours avant d’être contrainte de cesser la production à la fin du mois de mars, en raison d’une pénurie de matières premières et d’une hausse des prix.

D’autres producteurs d’alcool, la distillerie Port-Royal de Moncton la distillerie Moonshine Waterville et la Gagetown Distilling and Cidery ont également rejoint les efforts de lutte contre le nouveau coronavirus en produisant de larges quantités de désinfectant pour les mains et les surfaces au cours des derniers mois.

À la demande du gouvernement fédéral, le géant Irving Oil s’y est mis à son tour début avril. La chaîne de production de son usine de mélange et de conditionnement de Saint-Jean a été réorganisée afin de fournir du gel désinfectant.

Une première boutique spécialisée dans la vente de masques

L’année 2020 a été particulièrement difficile pour certains nouveaux arrivants dont l’intégration a été compliquée par l’isolement forcé et de rares occasions de socialisation. La famille de Saber Boukari, originaire de l’Algérie, aura fait face à des obstacles supplémentaires, notamment la perte de son logement après l’incendie de l’immeuble d’appartements dans lequel elle résidait sur le chemin Chauvin.

Ce n’était pas suffisant pour entamer la détermination de l’entrepreneur. Quelques semaines plus tard, M. Boukari ouvrait sur la même rue sa boutique de masques nommée Atlancare. L’endroit est peu spacieux mais abrite une surprenante diversité de protections faciales. On y trouve des masques des plus sobres aux plus fantaisistes, décorés par un éclairage LED ou aux couleurs des équipes de la LNH. Certains ont été pensés pour les travaux extérieurs à de basses températures, d’autres ont été conçus pour les athlètes ou les femmes voilées. Bravo à lui pour ne pas avoir baissé les bras!

Des tests de dépistage rapide faits au Nouveau-Brunswick

La direction de LuminaUltra a obtenu début décembre le feu vert de Santé Santé pour la vente et la distribution de tests de dépistage de la COVID-19 auprès de gouvernements et d’employeurs à travers le pays. La trousse développée par l’entreprise spécialisée en biotechnologie permet d’obtenir des résultats en moins de deux heures.

En avril, LuminaUltra avait déjà fait parler d’elle après avoir décroché un contrat du gouvernement fédéral pour la production d’éléments chimiques nécessaires à 500 000 tests réalisés par les laboratoires publics canadiens. Une quinzaine de personnes ont alors été embauchées et l’entreprise a dû agrandir ses installations dans la capitale pour répondre à la commande.

L’ingéniosité de Malley Industries

Réussir en affaires implique de savoir s’adapter à un environnement changeant et réagir aux nouvelles tendances. Les ingénieurs de Malley Industries l’ont bien compris. Au mois de mai, le manufacturier de Dieppe, spécialisé dans la conception des intérieurs d’ambulances et de fourgonnettes, a mis sur le marché son «quick shield» (bouclier rapide) anti-Covid.

Cette paroi thermoformée, qui permet de séparer les conducteurs du véhicule des passagers, a été conçue en seulement trois semaines. Une réponse rapide et efficace à un besoin urgent pour l’industrie du transport.

Cannabis NB renverse la vapeur

Après des premiers mois d’existence difficiles, Cannabis NB affiche désormais d’excellents résultats financiers. L’année 2020 aura été très bonne pour la société de la Couronne, elle a annoncé fin novembre avoir être désormais rentable depuis 12 mois consécutifs.

L’ajustement des prix, l’arrivée des produits comestibles et le confinement ont contribué à une hausse des ventes de 87% au second trimestre de 2020. La direction prévoit même de terminer l’année fiscale avec des profits nets de plus de 10 millions $.

Ces revenus bienvenus viennent désormais faire douter le gouvernement Higgs qui étudie toujours la possibilité de confier le monopole de la vente de cannabis à un exploitant privé.

Un café haut de gamme au pays de Tim Hortons

Certains auraient hésité à se lancer en affaires en pleine pandémie. Conor Conway, Matt Symes et Zach Dallaire ne sont pas du nombre. Les cofondateurs d’Epoch chemistry n’ont pas renoncé à ouvrir leur café-bar haut de gamme dans les murs de l’ancienne caserne de pompiers de la rue St George à Moncton.

La pandémie a obligé les trois jeunes entrepreneurs à revoir leurs plans. Ils ont commencé pendant l’été par offrir des sessions de dégustation pour des groupes de 12 personnes appartenant à la même bulle, sur réservation seulement. Leur promesse: faire découvrir les saveurs de grains en provenance du Costa Rica, de l’Éthiopie, du Brésil ou de Colombie issus du commerce équitable.

La folie des beignes à Moncton

Il faut généralement faire la file pour venir dévaliser la nouvelle boutique de beignes artisanaux de la rue St-George. Les propriétaires de Hola Donuts, Gene et Susan Cormier, ne s’attendaient pas à un tel engouement au moment d’ouvrir leur entreprise dans le centre-ville de Moncton. Les gourmands viennent de tout le Sud-Est pour s’arracher leurs produits moelleux et sucrés. Devant ce succès retentissant, le couple songe désormais à installer la vente de beignes de façon permanente et prolonger une expérience qui devait initialement se terminer après trois mois.