Cinq dossiers à surveiller en 2021

2020 est chose du passé. On peut enfin tourner la page sur cette année franchement pénible. Voici cinq dossiers qui risquent de retenir l’attention au cours des prochains mois au Nouveau-Brunswick.

 

La campagne de vaccination et l’évolution de la pandémie 

C’est LE dossier à surveiller. La campagne de vaccination vient de commencer et va se poursuivre en 2021. La médecin-hygiéniste en chef, la Dre Jennifer Russell, espère que 75% des Néo-Brunswickois seront éventuellement immunisés.

Après des mois particulièrement difficiles, marqués par des confinements, des pertes d’emploi, de l’isolement et quelques décès (au N.-B.), on voit enfin la lumière au bout du tunnel. Mais de nombreuses questions restent sans réponse.

Quelle sera l’efficacité de la campagne de vaccination? Quel sera son impact sur le retour à la normale? Des confinements auront-ils lieu après les Fêtes? Comment se porteront les personnes les plus vulnérables? Et à quoi ressemblera la reprise économique?

 

La réforme de la santé 

Le gouvernement Higgs a tenté de lancer une réforme des soins de santé en février dernier. Son plan de fermer six urgences rurales la nuit et de rediriger les effectifs ailleurs a provoqué une levée de boucliers et la démission du vice-premier ministre, Robert Gauvin.

Ces changements ont été mis sur la glace. Depuis, Blaine Higgs est allé chercher une majorité de sièges à l’Assemblée. Il a toujours l’intention d’effectuer une réforme avec l’aide de sa nouvelle ministre de la Santé, Dorothy Shephard.

Jusqu’à maintenant, les progressistes-conservateurs ont donné peu de détails sur leurs intentions. Ils ont toutefois dit dans leur dernier discours du Trône qu’ils veulent «optimiser l’utilisation des ressources» et mettre fin à la «duplication».

Les libéraux y voient un signe que des compressions sont à venir.

On devrait avoir une meilleure idée de la réforme au cours des prochains mois. La ministre Shephard a affirmé récemment qu’elle fera le tour de la province en janvier et en février afin de mener des consultations. Elle fera ensuite paraître un livre blanc, dans lequel seront présentées les grandes lignes de sa réforme.

 

La réforme de la gouvernance municipale 

La réforme de la gouvernance municipale est l’autre grand chantier prévu par le gouvernement Higgs après les élections de septembre dernier. Le premier ministre a donné cette responsabilité à son seul député francophone, Daniel Allain.

Ce dernier a récemment dit en entrevue que la réforme à venir sera à plusieurs niveaux. On peut donc s’attendre à des changements majeurs prochainement.

«On parle de gestion des actifs, de meilleurs services, d’une meilleure gestion des infrastructures, de collaboration avec les commissions de services régionaux, de viabilité et d’espoir d’épanouissement, de collaboration dans le milieu des pompiers et des policiers… Et même d’une décentralisation de certains services, comme l’immigration ou le logement, par exemple», a dit Daniel Allain.

Il prévoit lancer un groupe de travail prochainement. Des consultations seront menées et un livre vert – dans lequel seront présentés les grands axes de la réforme – sera publié avant les élections municipales de mai prochain. Des consultations supplémentaires seront menées par la suite. Tout cela mènera à la publication d’un livre blanc à l’automne 2021.

 

Les enjeux autochtones

Plusieurs enjeux autochtones ont retenu l’attention en 2020 et sont loin d’être réglés. C’est le cas de la violence policière et du racisme systémique dans la police et le système judiciaire.

Les projecteurs ont été braqués sur cette question en juin lorsque Chantel Moore et Rodney Levi ont été tués par la police à Edmundston et à Miramichi.

Les chefs autochtones de la province demandent haut et fort la tenue d’une enquête publique sur le racisme systémique. Blaine Higgs a tranché; c’est non.

Son gouvernement a plutôt annoncé la création d’un groupe de travail afin de se pencher sur les 94 appels à l’action et recommandations du rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (déposé en 2015).

Cette initiative bat déjà de l’aile. Trois des cinq leaders autochtones qui devaient être membres du groupe – dont son coprésident, le chef régional Roger Augustine – ont claqué la porte le 16 décembre.

Ils ont expliqué qu’ils ne font plus confiance à Blaine Higgs et à sa ministre des Affaires autochtones, Arlene Dunn. Ils n’ont vraiment pas digéré le fait qu’elle a étripé – quelques jours plus tôt à à l’Assemblée législative – une motion de l’opposition en faveur d’une enquête sur le racisme systémique (en enlevant toute mention de cet enjeu).

Ce n’est pas tout. D’autres enjeux autochtones devraient retenir l’attention au cours des prochains mois. On peut entre autres penser aux revendications territoriales des communautés wolastoqi et à l’épineux dossier de la pêche de subsistance, qui s’est surtout joué en Nouvelle-Écosse en 2020.

 

La révision de la Loi sur les langues officielles 

La Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick (LLO) doit être révisée par le gouvernement provincial avant la fin de 2021.

Blaine Higgs – qui est le ministre responsable de la LLO – n’a pas encore lancé cette révision. Il n’a pas non plus dévoilé quelle forme elle prendra. La dernière révision, terminée en 2013, avait duré deux années.

D’importantes questions restent sans réponse à ce sujet et la société civile acadienne est sur ses gardes. C’est que le premier ministre ne semble pas comprendre ce qui se trouve vraiment dans la LLO.

À la mi-décembre, il a dit qu’il veut que la révision serve à comprendre pourquoi les jeunes anglophones unilingues quittent la province pour obtenir un emploi ou une promotion. Il veut aussi poser des «questions difficiles» sur les piètres résultats des élèves anglophones en français langue seconde.

Le hic, c’est que l’éducation ne fait pas partie de la Loi sur les langues officielles. Il s’agit plutôt d’un texte qui reconnaît entre autres le statut égal du français et de l’anglais ainsi que le droit de tous les Néo-Brunswickois d’obtenir des services gouvernementaux dans la langue officielle de leur choix.

L’opposition officielle accuse Blaine Higgs de vouloir réduire les exigences en matière de bilinguisme dans l’appareil gouvernemental. Quant au président de la SANB, il s’est demandé si le premier ministre a même déjà lu la Loi sur les langues officielles.