Blaine Higgs a rencontré un regroupement opposé au bilinguisme officiel

Le premier ministre Blaine Higgs a discuté avec un groupe qui milite contre le bilinguisme officiel, en décembre, lors d’une rencontre au sujet de la révision de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick.

Le groupe Anglophone rights association of New Brunswick a indiqué que la rencontre avait eu lieu plus tôt en décembre dans un message publié sur sa page Facebook dimanche.

Le premier ministre Blaine Higgs a le mandat de réviser la Loi sur les langues officielles du N.-B. cette année. Le processus n’est pas encore entamé, même si la dernière révision en 2013 avait pris deux ans.

«Le premier ministre et deux de ses employés ont rencontré trois membres de l’Association des droits des anglophones du Nouveau-Brunswick, à leur demande», confirme Jean Bertin, porte-parole du gouvernement.

Le regroupement dit constater une atteinte aux droits des anglophones à cause de la mise en oeuvre du bilinguisme officiel. Le groupe milite entre autres pour la réduction des exigences linguistiques à l’embauche de travailleurs du secteur public.

Bien qu’aucune décision n’y a été prise, la rencontre entre Higgs et l’Anglophone rights association of New Brunswick détonne avec les demandes d’organismes Acadiens tels que la Société de l’Acadie du N.-B., qui ne veulent aucun recul dans les exigences linguistiques et qui demandent plutôt un bilinguisme officiel plus solide.

La rencontre n’avait pas d’ordre du jour, mais la vice-présidente de l’Anglophone rights association, Heather Wilkins, affirme que le premier ministre et les représentants de son groupe ont discuté de la révision de la Loi sur les langues officielles.

Elle précise que le groupe veut une révision «ouverte et transparente» et que «tout le monde soit à la table» de négociations.

Malgré cela, son groupe de pression s’oppose à la création d’un comité permanent de l’Assemblée législative sur les langues officielles, ce que plusieurs membres de l’opposition désirent afin de dépolitiser l’enjeu.

«Non, nous n’avons pas besoin que plus de gens travaillent sur cet enjeu, nous n’avons pas besoin de plus de dépenses sur cet enjeu», dit-elle.

Le groupe veut aussi que le gouvernement songe à abolir ou à modifier considérablement le poste de commissaire aux langues officielles, qui est chargé de recevoir des plaintes et réaliser des enquêtes au sujet du respect de la Loi sur les langues officielles.

L’Anglophone rights association of New Brunswick veut aussi modifier les exigences de langue française qui sont requises pour certains postes de la fonction publique.

«Nous voulons que toutes les familles et les enfants du N.-B. puissent travailler pour (…) leur gouvernement sans être bloqués par des exigences linguistiques», dit Heather Wilkins.

Le premier ministre Blaine Higgs a déjà évoqué l’idée de modifier ces exigences.

Peu de temps avant les Fêtes, lors d’un échange sur la révision de la Loi sur les langues officielles, il a aussi dit qu’il s’inquiétait de la possibilité que de jeunes anglophones quittent le N.-B. parce qu’ils n’ont pas les compétences linguistiques pour y travailler.

Mais cette crainte est en grande partie infondée, comme l’Acadie Nouvelle l’a démontré il y a quelques semaines.

La SANB réplique

Selon Alexandre Cédric Doucet, président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, l’attention accordée à ce groupe par le premier ministre augure mal pour la révision prochaine de la loi.

«C’est une aberration qui en dit long sur les convictions de M. Higgs», lance-t-il.

Selon lui, il n’y a rien de mal à consulter les deux communautés linguistiques pour la révision de la Loi, mais il estime que le premier ministre s’y prend mal et que son ouverture à un groupe comme l’Anglophone rights association of New Brunswick envoie un «message fort».

«De faire affaire avec un groupe comme Anglophone rights association, qui est comme un carrefour de désinformation et une plateforme où se rassemble une frange vraiment anti francophone de la population, c’est autre chose. Si le premier ministre a l’intention de rallier l’ensemble des Néo-Brunswickois (…), ce n’est pas ce genre de rencontre là qu’il devrait avoir», dit-il.

Alexandre Cédric Doucet a déjà rencontré des ministres au sujet de la révision qui s’annonce et il a déjà parlé au premier ministre par le passé, mais il veut le rencontrer à nouveau pour exprimer son désaccord face à la place de ce regroupement dans le discours sur la révision.