Les temps sont durs pour les agences de voyages acadiennes

Nombreux sont ceux qui trouvent le bonheur sur une plage ensoleillée. On peut donc dire que Lisette Cormier-Noël, propriétaire d’une agence de voyages à Lamèque, vend littéralement le bonheur à ses clients. La propagation de la COVID-19 dans le monde entier est cependant venue jeter un froid sur son quotidien.

L’hiver est souvent un moment occupé de l’année pour la propriétaire de Voyage Vasco Acadie. Des clients, blasés par le froid, espèrent trouver une bonne affaire pour un voyage dans les tropiques, où il fait chaud.

Alors que les médias du Québec ont publié au cours des dernières semaines de nombreux reportages concernant des Québécois étant partis dans le sud pour le temps des Fêtes, à Lamèque, le téléphone n’a presque pas sonné. Mme Cormier-Noël n’a fait aucune réservation pour un voyage en décembre ni en janvier.

Contrairement au Nouveau-Brunswick qui a été relativement épargné par la COVID-19 jusqu’à maintenant, le nombre de cas du coronavirus demeure très élevé dans certaines des destinations les plus populaires auprès des Acadiens, comme le Mexique (1,45 million), la Floride (1,37 million), la République dominicaine (173 331) et dans une moindre mesure, Cuba (12 424).

À leur retour, les Canadiens doivent obligatoirement s’isoler pendant 14 jours et à compter du 7 janvier, un résultat négatif à un test de dépistage de la COVID-19 sera exigé pour rentrer au pays.

«Les mesures ont beaucoup changé au cours de la dernière année, et il n’y a pas vraiment moyen de s’adapter. En ce moment, on attend, on tente de survivre. Il n’y aucun revenu qui entre, mais il faut quand même continuer à payer certains frais fixes. Pendant combien de temps pourrions-nous survivre dans le domaine? C’est la question qu’on se pose tous», dit l’entrepreneure.

Elle se dit chanceuse tout de même. En espérant la reprise des voyages et des affaires, Lisette Cormier-Noël s’est trouvé un autre emploi dans la région.

«Je suis loin d’être la seule. J’ai plusieurs collègues du domaine un peu partout qui ont trouvé un autre emploi, retourné aux études ou qui ont fermé leur agence. Nous avons été chamboulés de tous bords, de tous côtés. Je ne pouvais me permettre de rester enfermée à la maison et attendre entre quatre murs.»

Pendant ce temps, elle trouve des moyens de rester positive.

«J’aime tellement mon entreprise et mes clients que je ne veux pas les laisser tomber. Mais si on commence à parler d’une troisième ou quatrième vague, des mutations du virus etc., ça devient décourageant.»

«On tient le coup»

En 2013, le rêve de Mélissa Roy et son père, Sylvio, a commencé à fleurir. Le duo père-fille venait d’acheter son premier autocar et a fondé l’entreprise Voyages Hola Tours, basée à Bathurst.

Au cours des années, ils ont réussi à agrandir leur flotte d’autocars, embaucher du personnel et devenir spécialistes en voyages organisés et en location d’autocars.

«On est vraiment parti de rien. Au début, nous roulions à deux. C’était difficile financièrement. Avec le temps, on s’est fait connaître par du bouche-à-oreille. L’été 2020 devait être une très grosse année pour nous», dit Mélissa Roy.

Lorsque la pandémie a commencé à prendre de l’ampleur en mars 2020, l’entreprise était à quelques semaines du départ d’un voyage organisé en Floride. Après une courte période d’incertitude, les propriétaires ont préféré ne pas prendre de risques et le voyage a été annulé.

«Finalement, on a perdu le reste de notre saison estivale et nos locations.»

Les affaires ont repris tranquillement au début de l’automne avec le retour de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, le Titan d’Acadie-Bathurst étant un client, mais les activités de la ligue ont été suspendues temporairement en novembre.

«On tient le coup. Nos autocars sont stationnés chez mon père et on attend de plus beaux jours pour reprendre les affaires en force. On veut continuer notre projet, même si la situation est très difficile pour nous au niveau personnel. De se lancer en affaires, voir l’entreprise grandir et soudainement, de façon complètement hors de notre contrôle, tout est arrêté. Moi et mon père restons solidaires. On reste forts, car on a espoir que ça va reprendre.»

En attendant, Mme Roy songe à l’avenir. Lorsque la Santé publique le permettra, elle veut offrir des excursions abordables et sécuritaires.

«On ne va pas se lancer aux États-Unis où ça frappe plus fort que chez nous. Quand on aura le “go”, on veut continuer. Quand ça va reprendre, les gens vont avoir le goût de se promener. On veut être là et prêt.»