Les jeux de société ont la cote en temps de pandémie

Le jeu de table le plus célèbre au monde, le Monopoly, a pris son essor au début des années 1930 alors que l’Amérique connaissait la plus importante crise économique du siècle. Près de 100 ans plus tard, en pleine pandémie, le jeu semble toujours être un moyen de divertissement populaire durant les moments plus difficiles, ici comme ailleurs.

La nature joueuse de l’humain ne date pas d’hier.

Il y a 5000 ans, les Égyptiens auraient inventé le tout premier jeu de société dans leurs tombeaux avec des plateaux et de petits pions.

Aujourd’hui, les jeux ont bien changé, mais occupent toujours une place de choix dans la vie de certains Néo-Brunswickois… d’autant plus en période pandémique.

Nadia Hickey LeBouthillier, de Tracadie, fait partie de ceux qui ne manquent jamais l’occasion de jouer une partie.

«Ça fait vraiment longtemps que j’adore les jeux de société! Je pense que ça fait partie de mon ADN», s’est-elle exclamée en riant.

Ayant grandi près de sa tante et ses cousines, la mère de trois garde de bons souvenirs de son enfance à jouer au Monopoly et à Jour de Paye.

Aujourd’hui, c’est à son tour de collectionner les boîtes. Elle en compte d’ailleurs près d’une soixantaine dans son placard.

«Quand j’ai eu des enfants, j’ai continué cette tradition. Ils aiment vraiment jouer eux aussi.»

Lorsque les règles sanitaires le permettaient, cet été, la fanatique de jeux en a profité pour se rassembler avec ses amis autour d’un jeu de cartes ou d’un plateau plus souvent qu’à l’habitude.

Sans doute, les restrictions aux frontières et les fermetures de certaines attractions ont laissé plus de temps à consacrer à ce genre d’activité.

«Je pense que la raison pour laquelle j’aime autant les jeux, c’est que j’aime apprendre et trouver des solutions (…), mais aussi rire en même temps», a-t-elle raconté.

«Ils me donnent souvent l’occasion de ressortir les différents aspects de ma personnalité.»

Nouveaux joueurs et nouvelles tendances

La pandémie a été difficile pour le bistrot Moque-Tortue de Shédiac, certes, mais elle lui a aussi permis d’acquérir de nouveaux clients.

Avec plus de 2000 titres, soit la plus grande sélection de jeux au Canada Atlantique, et des salles privées permettant la distanciation physique, le bistrot a évidemment su séduire ceux qui étaient en quête de divertissement.

«Le Moque-Tortue a été un lieu sécuritaire où plusieurs familles se sont rassemblées pendant la pandémie», a affirmé le propriétaire, Sébastien Després.

Des habitués, mais aussi de nouveaux visages qui s’aventuraient dans le monde du jeu sur table pour la première fois, a-t-il poursuivi.

«J’ai remarqué que plusieurs de mes clients ont commencé à jouer à des jeux de party en ligne pendant la pandémie (…) Et même si à première vue on pourrait croire que ça m’enlèverait une clientèle, au contraire, j’adore cette tendance.»

M. Després estime que les jeux virtuels, aussi utiles soient-ils dans le contexte actuel, ne parviendront pas à remplacer le plaisir de jouer en personne. Il a confiance que les gens continueront d’être fidèles au rendez-vous.

«Ça arrive de plus en plus souvent, par contre, que les gens me demandent: “On a joué ce jeu-là sur l’ordinateur, avez-vous la vraie version?”»

Outre les jeux de style «party», la COVID-19 aurait aussi entraîné l’envol des jeux d’évasions sur plateaux.

M. Després indique que ceux-ci font fureur ces temps-ci, spécialement depuis que les salles d’évasion sont déconseillées.

Au magasin Comic Hunter de Moncton, le jeu Pandémie (Pandemic) s’envole aussi des tablettes depuis mars.

Même s’il existe depuis plusieurs années, Mathieu Surette, un employé de longue date, constate sans surprise que la COVID-19 a suscité un nouvel intérêt pour le jeu.

Plus encore, il affirme que la boutique a vendu plus de jeux en général pendant le confinement et les mois qui ont suivi.

Selon lui, c’est parce qu’ils aident à combattre l’ennui, à rester connecté et à améliorer la santé mentale pendant les moments difficiles.