La compagnie pétrolière Irving Oil a réclamé à la Commission de l’énergie et des services publics du Nouveau-Brunswick une augmentation de certaines de ses marges maximales de vente en gros. Les conséquences se feraient sentir sur tous les consommateurs, d’après un expert.

Irving Oil espère une ordonnance finale pour augmenter la marge maximale de vente en gros de carburant (essence et diesel) de 6,51 cents/litre à 10,64 cents/litre. Elle veut aussi une augmentation de la marge maximale de vente en gros du mazout domestique de 5,5 cents/litre à 9,63 cents/litre.

Avant que cette décision soit prise, l’entreprise de Saint-Jean demande en urgence une augmentation provisoire de 3,5 cent/litre pour les marges maximales de vente en gros du carburant (essence et diesel) et du mazout domestique.

Le prix de gros est celui que paye le détaillant au fournisseur, avant de vendre le produit au consommateur final (l’automobiliste par exemple).

«Il est probable que la concurrence fera en sorte que les prix à la consommation sont souvent moins élevés que le prix maximum», affirme la Commission de l’énergie et des services publics du Nouveau-Brunswick (CESPNB) sur son site internet.

Les augmentations demandées se retrouveront cependant en intégralité dans les prix à la pompe, selon le professeur au département de science économique de l’Université d’Ottawa, Jean-Thomas Bernard.

Bien que le diesel serve surtout à faire rouler les camions, l’augmentation de son prix aura aussi des conséquences sur les factures d’épicerie, d’après l’expert.

Irving Oil invoque deux raisons principales pour justifier sa demande d’augmentation de tarifs: une augmentation des coûts liés notamment aux réglementations environnementales et la baisse de la demande de pétrole, aggravée par la pandémie.

«La consommation de produits pétroliers a diminué de 10% mondialement depuis la COVID-19, confirme M. Bernard. Ça touche particulièrement le carburant pour avions, mais aussi l’essence.»

Le professeur d’économie rappelle aussi que l’immense raffinerie d’Irving Oil à Saint-Jean génère beaucoup de frais fixes (assurances, taxes, entretien).

«Pour les couvrir, il faut les transférer sur le prix du produit», explique-t-il.

Difficultés pour Irving Oil

«Depuis le dernier examen des marges maximales de vente en gros par la Commission en 2012 – 2013, il n’y a pas eu d’augmentation des ces marges pour les carburants pour moteurs et le mazout domestique», avance aussi dans sa requête le président d’Irving Oil, Darren Gillis.

Il menace d’ailleurs la CESPNB de ne plus fournir ses produits à la province si elle refuse d’accepter ses demandes, dans son document de preuves.

Le président d’Irving Oil rappelle qu’il a dû licencier 250 employés en juillet (dont 173 au Nouveau-Brunswick) et qu’il a réduit ses coûts et ses investissements comme d’autres entreprises similaires.

Il indique que la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-Et-Labrador ont déjà augmenté le plafond de marges de ventes en gros de produits pétroliers.

M. Gillis affirme par ailleurs que ces marges au Canada atlantique sont en moyenne de 0.15$/litre inférieures à celles du reste du Canada (où les marchés sont non régulés) depuis 2012 concernant l’essence.

Reprise du marché pétrolier

«Les plus grands producteurs mondiaux considèrent que le pire de la crise de la demande provoquée par la pandémie est derrière eux», a cependant estimé le Wall Street Journal en décembre.

Le quotidien économique a observé que les prix internationaux du pétrole sont repartis à la hausse, grimpant de 25% depuis début novembre. Il a aussi constaté que les investisseurs tablaient sur un retour de la demande ailleurs dans le monde, après les résultats prometteurs de plusieurs vaccins anti-COVID-19.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et la Russie ont annoncé en décembre une augmentation prudente de la production à partir de janvier (de 500 000 barils par jour). Une décision que la radio américaine NPR a qualifiée d’inattendue.

Le site de Fox Business a rappelé que le cartel avait dû réduire sa production dans des proportions historiques en avril dernier pour essayer de stabiliser le marché, alors que les confinements imposés à travers le monde pour ralentir la propagation de la COVID-19 avaient entraîné un effondrement de la demande, de l’ordre de 25 à 30 millions de barils par jour.

La CESPNB tiendra une conférence préalable à l’audience pour la requête d’Irving Oil le 25 janvier à 9h30.

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