Lamèque: des jumeaux ont eu la frousse de leur vie sur la glace

Gilbert et Robert Savoie savaient qu’ils prenaient un risque lorsqu’ils ont installé leur cabane à l’éperlan sur la baie de Lamèque, mais les jumeaux ont eu la frousse de leur vie samedi après-midi lorsqu’ils ont failli se noyer dans les eaux glaciales. Ils espèrent que leur mésaventure serve de leçon aux autres.

Pour Gilbert et Robert Savoie, âgés de 79 ans, la pêche à l’éperlan est une tradition de longue date. Même si la glace n’était pas très épaisse, ils ont décidé de s’y aventurer tout de même. Ils ont installé leur cabane parmi une dizaine d’autres sur la baie de Lamèque.

«La glace n’était pas très solide, mais c’est l’ambition qui nous a portés là», raconte Gilbert Savoie.

Après quelques heures de pêche samedi matin, les deux hommes sont rentrés chez eux pour la pause de dîner. Ils sont retournés sur la baie un peu plus tard en après-midi.

Alors qu’ils vaquent à leurs occupations, un ami passe à leur cabane pour leur demander si les prises sont bonnes. À son départ, il laisse la porte entrouverte. Sans le savoir, ce détail permettra de sauver la vie des deux hommes.

Quelque temps plus tard, leur frère Fernand, âgé de 75 ans, qui pêchait aussi, s’aperçoit que la cabane de ses grands frères commençait à s’enfoncer dans la mer.

«Il s’est aperçu que notre cabane avait calé un peu donc il est venu tout de suite. On ne s’apercevait pas trop de ce qui se passait à l’intérieur, mais quand mon frère est arrivé, la cabane a défoncé d’un bout à l’autre dans la glace. Ç’a pris moins d’une minute pour qu’elle se remplisse d’eau jusqu’à nos cous. C’est une chance que la porte avait été laissée ouverte, sinon, nous n’aurions pas pu sortir.»

Fernand Savoie, un ancien pompier de la brigade de Lamèque et Gabriel Albert, un autre ami, interviennent immédiatement pour porter secours aux deux hommes.

«Robert a essayé de sortir, mais il ne pouvait pas, parce que la cabane était calée dans l’eau. Il était pris, mais mes deux chums dehors l’ont tiré et ils ont réussi à le sortir de l’eau. Après, j’ai poussé avec toute ma force et j’ai pu sortir un peu. Ils m’ont tiré de l’eau aussi. Ils ont risqué leur vie. Ils ont vraiment fait preuve de bravoure», dit Gilbert.

Robert Savoie estime qu’ils ont été chanceux que leurs secouristes se trouvaient au bon endroit au bon moment.

«Ils ont gardé le sang-froid. On les remercie 1000 fois. Il y avait une dizaine de cabanes autour de nous. Quelles sont les chances que ce soit mon frère Fernand qui remarque que la cabane avait commencé à couler? On croit en Dieu et il faut croire que quelqu’un en haut nous a vus et que ce n’était pas notre heure.»

Les deux hommes espèrent que leur mésaventure servira de rappel aux autres qu’on ne peut jamais être trop prudent.

«La morale de l’histoire est qu’il ne faut jamais aller contre la nature. La glace était mince et on a décidé d’y aller quand même. On s’avoue coupables. Ç’a été une leçon pour nous et on espère que ça peut servir de leçon aux autres.»

Les frères jumeaux ont hâte d’y retourner éventuellement, mais pour le moment, ils ont l’intention de prendre leur mal en patience. Ils attendront que les conditions de glace soient sécuritaires.