Éclosion dans les écoles du Restigouche: le manque de suppléants cause des problèmes

Pour une seconde fois en l’espace de quelques mois, le virus de la COVID-19 s’est frayé un chemin à l’intérieur des écoles du Restigouche.

C’est le cas pour l’école secondaire Aux quatre vents et l’école primaire Académie Notre-Dame de Dalhousie, deux établissements qui ont fait les frais du virus lors de l’éclosion d’octobre dernier. À celles-ci s’ajoute un autre foyer d’éclosion, la polyvalente Roland-Pépin de Campbellton. En tout, quatre cas ont été déclarés dans les communautés scolaires de ces trois institutions.

Conséquences? Le cas décelé à l’école AQV dimanche fait en sorte que l’ensemble de l’école est passé à l’enseignement virtuel à la maison pour les deux prochaines semaines. À la PRP, la mesure est semblable, mais uniquement pour les élèves de la 10e année.

Pour ce qui est de l’école primaire Académie Notre-Dame, l’enseignement à distance se fera pour quelques classes jusqu’à la fin de la semaine avec une réévaluation de la situation prévue vendredi.

«La fin de semaine a été très mouvementée», confie le directeur général du District scolaire francophone Nord-Est, Marc Pelletier, soulagé qu’on ne lui ait pas rapporté de nouveau cas d’infection lundi.

Selon ce dernier, le traçage des cas est terminé à Roland-Pépin, et il semble que le virus ait été contenu à la 10e année.

À l’école AQV, les élèves étaient en mode virtuel lundi en attendant la suite des choses. Et bien que le nombre de cas de personnes infectées soit minime jusqu’ici, le DSF-NE a tranché et décidé de forcer l’enseignement à distance pour tous les niveaux. La raison: il y a actuellement plus de membres du personnel en isolement préventif que de suppléants disponibles.

«Il y a en ce moment une pénurie de main-d’œuvre au niveau de nos enseignants suppléants dans la région du Restigouche. Si l’on mobilise tous les suppléants pour assurer le service dans une école, c’est le service dans les autres établissements qui va écoper. On préfère donc faire attention à la façon dont on utilise cette ressource précieuse, surtout que d’autres éclosions ne sont pas impossibles dans les prochains jours», explique M. Pelletier.

Les jeunes du secondaire étant déjà en mode d’enseignement hybride (école maison), il est plus facile pour le district scolaire d’imposer l’enseignement virtuel en tout temps aux élèves touchés. Cela dit, pour ce qui est du primaire, les choses sont plus corsées admet M. Pelletier.

Absentéisme modéré

À l’image de l’éclosion d’octobre dernier, le directeur général du DSF-NE s’attendait par ailleurs à revivre un épisode d’absentéisme aigu au sein des élèves en raison de ce nouvel épisode de la COVID-19. Mais jusqu’ici, cela ne s’est pas encore concrétisé. On parle d’un taux d’absentéisme situé entre 10% à 20% dans les élèves du Restigouche, ce qui n’est pas plus qu’ailleurs dans le district. C’est également très peu quand on sait qu’il a grimpé par moment à 70% en octobre.

Ce taux d’absentéisme s’explique surtout par les parents qui préfèrent garder leurs enfants à la maison par crainte que leur progéniture contracte le virus.

«Mais on voit bien par contre que l’école n’est pas jusqu’ici un lieu de propagation. Ce sont des lieux sécuritaires grâce aux nombreuses mesures de prévention mises en place. Autant en octobre que cette fois, la contamination n’est pas venue de l’école et celle-ci n’a pas contribué à la transmettre», assure M. Pelletier.

S’il affirme comprendre les craintes des parents, il préfère de loin l’enseignement à l’école au virtuel. Et c’est encore plus vrai au niveau du primaire où les jeunes sont moins formés au concept et où une plus grande supervision des parents et des enseignants est nécessaire.

«L’enseignement virtuel n’est activé au primaire qu’en cas d’urgence COVID-19, sinon ça met une pression additionnelle sur tout le monde. C’est pourquoi on insiste sur le fait qu’il est préférable d’envoyer les jeunes à l’école à moins d’un avis contraire», mentionne M. Pelletier.

Au cours du point de presse sur la COVID-19, le ministre de l’Éducation et de la Petite enfance, Dominic Cardy, a abondé dans le même sens.

«Nous sommes prêts à passer en mode d’enseignement virtuel si c’est nécessaire, mais nous essayons de l’éviter quand c’est possible», dit-il.