La reclassification des paramédicaux devant un tribunal

La reclassification des travailleurs paramédicaux, qui veulent être reconnus comme professionnels des sciences médicales, fait face à une contestation de la part de leur syndicat. Un tribunal administratif est maintenant chargé de trancher sur la question.

Les audiences de la Commission du travail et de l’emploi serviront à déterminer si les travailleurs paramédicaux d’Ambulance NB doivent rejoindre les rangs du Syndicat du Nouveau-Brunswick et quitter le Syndicat canadien de la fonction publique.

Un comité d’ambulanciers milite pour la reclassification auprès du gouvernement depuis quelques années.

Joel Mattatall, membre fondateur du comité pour la reclassification, a confiance que son camp obtiendra gain de cause.

Il affirme que le travail paramédical a beaucoup changé depuis la dernière fois que la classification de son emploi a été établie. Il milite pour la reclassification afin que son travail et celui de ses collègues soient reconnus à sa juste valeur.

«C’est un grand jour pour les paramédicaux du Nouveau-Brunswick.»

Il estime aussi que le Syndicat du Nouveau-Brunswick pourrait mieux représenter les intérêts de ses collègues.

D’après lui, la décision de la Commission ne sera probablement pas connue d’ici au moins un mois après la fin des audiences.

À l’issue d’une évaluation du travail des paramédicaux, le gouvernement a annoncé fin 2019 qu’ils seraient reconnus comme des «professionnels de science médicale» à partir du premier avril 2020, ce qui leur permettrait aussi de changer de syndicat.

Leur syndicat actuel a toutefois contesté cette décision auprès de la Commission du travail et de l’emploi, ce qui a freiné le processus. C’est cette étape qui doit être résolue prochainement par le tribunal.

Le SCFP représente actuellement ces travailleurs dans sa section locale 1252, le Conseil des syndicats hospitaliers du Nouveau-Brunswick.

Dans sa plainte à la Commission, le syndicat accuse le gouvernement d’avoir imposé une décision unilatérale pour des motifs politiques sans égard pour la représentation syndicale des travailleurs.

Il affirme aussi que la reclassification mettrait des bâtons dans les roues des négociations syndicales puisque la section locale 1252 perdrait alors une bonne partie de ses 4000 membres qui appartiennent à l’unité de négociation classifiée comme «soins aux patients».

Les travailleurs paramédicaux appartiennent à une sous-catégorie de la section 1252, soit la section 4848. Selon la plainte du SCFP à la Commission du travail, cette section comprend environ 900 ambulanciers et 50 répartiteurs.

Le SCFP a refusé de commenter mardi.

Les avocats représentant les deux syndicats et le gouvernement ont interrogé plusieurs témoins, mardi. Les audiences se poursuivent jusqu’à jeudi.

La présidente du SCFP 1252, Norma Robinson, a témoigné que le comité d’ambulanciers qui milite pour la reclassification n’a pas été formé avec l’accord du syndicat.

Lisa Jones, infirmière de l’Extra-mural et membre de la section locale 1252, a répondu à des questions sur les particularités de son métier comparées à celles d’un travailleur ambulancier.

Joseph Cormier, un travailleur paramédical, a aussi décrit ses tâches quotidiennes et la nature de son travail pour informer le tribunal. Il a également passé plusieurs heures à décrire le fonctionnement de l’équipement que les ambulanciers transportent à bord de leurs véhicules et qu’ils utilisent lors d’interventions d’urgence.