Une enquête du coroner sur le décès de Michel Vienneau

L’enquête du coroner sur le décès de Michel Vienneau aura finalement lieu ce printemps, plus de six ans après la mort de l’homme d’affaires de Tracadie aux mains de la police.

L’enquête se déroulera à Beresford du 27 avril au 7 mai, a annoncé le coroner en chef du Nouveau-Brunswick, Jérôme Ouellette, vendredi.

M. Vienneau a été abattu dans son véhicule à l’extérieur de la gare de Bathurst le 12 janvier 2015 lors d’une opération policière qui a mal tourné.

Il était soupçonné de transporter de la drogue dans son véhicule après un voyage en train à Montréal.

Une enquête de la GRC a cependant conclu par la suite qu’il n’avait rien à se reprocher.

La tenue de l’enquête du coroner avait été ordonnée en 2017 par le procureur général et le ministre de la Justice et de la Sécurité publique de l’époque.

M. Ouellette présidera l’enquête au cours de laquelle lui et les membres d’un jury entendront les témoignages de personnes sommées à comparaître afin de préciser les faits liés au décès de M. Vienneau

Le jury pourra formuler des recommandations visant à prévenir d’autres décès dans des circonstances semblables.

Le service des coroners n’attribue aucune responsabilité juridique et il n’y a pas d’accusé dans leurs enquêtes.

Les deux policiers impliqués dans cette affaire, Mathieu Boudreau et Patrick Bulger, ont été blanchis par une juge de la Cour provinciale qui a déterminé lors d’une enquête préliminaire qu’il n’existait pas suffisamment de preuve pour procéder à un procès.

Les deux agents de la Force policière de Bathurst ont également été disculpés par un arbitre chargé de faire respecter le code de conduite de la police.

Jérôme Ouellette et deux procureurs de la Couronne décideront quelles preuves seront présentées lors de l’enquête et quels témoins seront appelés à comparaître.

Les membres de la famille de la victime n’ont pas de statut officiel dans une enquête du coroner. M. Ouellette collabore toutefois avec les proches de Michel Vienneau dans le but de répondre à leurs interrogations sur ce qui s’est passé à la gare de Bathurst le 12 janvier.

«La famille nous a véhiculé ses inquiétudes et le rôle de cette enquête est aussi de les impliquer. Ils ne peuvent pas poser des questions directement aux témoins, mais ils peuvent poser des questions en passant par le procureur de la Couronne», explique M. Ouellette.

L’avocat de la succession de M. Vienneau, Stéphane F. Viola, a indiqué au journal que la famille accueille favorablement l’enquête du coroner et a l’intention d’y participer.

Les audiences qui auront lieu à l’hôtel Danny’s de Beresford sont ouvertes au public, mais les places seront limitées en raison de la COVID-19.

Les conclusions de l’enquête seront rendues publiques.