Manifs contre le confinement: la police hésite à sévir à Moncton

La GRC évite jusqu’à maintenant de donner des contraventions lors de manifs contre le confinement à Moncton alors que le nombre de cas de COVID-19 continue d’augmenter.

Malgré l’augmentation fulgurante du nombre de cas de COVID-19 dans la province, des manifestants démontrent leur opposition à diverses mesures de santé publique, chaque dimanche, devant l’hôtel de ville de Moncton.

La plupart ne portent pas de masques et ne respectent pas la distanciation sociale, mais les policiers ne leur ont pas collé de contraventions pour le moment.

Irwin Lampert, juge de la cour provinciale à la retraite et membre de l’Autorité policière régionale de Codiac, a interrogé le surintendant de la GRC de Codiac, Tom Critchlow, à ce sujet lors d’une réunion jeudi.

Il s’est dit en désaccord avec le manque d’action concrète de la police envers ces manifestants alors que de plus en plus de gens contractent le virus et, parfois, en meurent.

Selon lui, la GRC ne devrait pas se contenter de surveiller la manifestation, et elle devrait plutôt imposer des amendes aux participants qui ne respectent pas les règles.

«La plupart d’entre eux ne portent pas de masques. Ils sont 20 à 40 personnes devant l’hôtel de ville à se moquer de tout ceci. Je ne pense pas qu’ils devraient pouvoir s’en moquer quand des gens dans la province tombent malades et meurent.»

Irwin Lampert a mentionné le premier ministre Blaine Higgs et la médecin-hygiéniste en chef Jennifer Russell, qui «supplient pratiquement» les gens de coopérer et de porter un masque et de se distancer pour réduire le risque de transmission.

Le surintendant Tom Critchlow a répondu qu’il s’agit d’une situation délicate.

Certaines personnes ont reçu des amendes en vertu de la Loi sur les mesures d’urgences, mais ce n’était pas en raison des manifestations, même si quelques-unes des personnes visées participent aussi à ces rassemblements.

Il explique que des membres de la GRC traitent ces rassemblements de façon «mesurée» et préconisent l’éducation plutôt que la punition, mais il n’écarte pas la possibilité de donner des amendes à l’avenir.

«Les gens ont le droit d’exprimer leur opinion, mais évidemment, selon ce qui se passe sur le terrain et selon la phase (du rétablissement) dans laquelle on se trouve, donner des amendes est une des options que nous avons.»

Jusqu’à maintenant, aucun manifestant n’a reçu d’amende pendant ces manifestations, indique-t-il.

Lise Doucet, l’une des participantes, le confirme. Elle participe à ces manifestations chaque dimanche, et ce, depuis plusieurs mois.

Le 17 décembre, environ 35 à 40 personnes sont réunies devant l’hôtel de ville. La plupart d’entre eux ne respectent pas la distanciation même s’il y a amplement d’espace, et ils ne portent pas de masques. Quelques manifestants discutent avec des policiers.

«Ils viennent à chaque semaine, ils sont toujours très gentils. Ils prennent le temps de nous parler et de nous écouter», dit Lise Doucet.

Lise Doucet croit entre autres que le gouvernement ne devrait pas imposer le port du masque et que les écoles devraient abandonner leurs mesures de santé publique.

Elle ne fait pas grand cas de l’augmentation récente du nombre de cas de COVID-19 dans la province. Elle estime qu’il n’y a aucun risque pour les manifestants, puisque selon elle, une personne doit présenter des symptômes pour être contagieuse – ce qui est faux.

Selon Santé Canada, bien que la période exacte lors de laquelle une personne est contagieuse demeure incertaine, il a été répertorié à plusieurs reprises que les personnes infectées peuvent être contagieuses jusqu’à trois jours avant de ressentir des symptômes, et qu’elles peuvent être contagieuses même si elles ne ressentent aucun symptôme tout au long de la maladie.